Test Yakuza 2

Yakuza 2 sur PS2 PS4

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Date de sortie : 7 Décembre 2017 au japon et 28 Août 2018 pour le reste du monde
Support : Exclu Playstation 4, VO sous titré anglais
Prix conseillé : 49.99€
Test rédigé par : Ceciestunpseudo ( oui oui c'est bien son pseudo ! )

Présentation :

Développé par Amusement Vidéo, Yakuza 2 (ou 龍が如く2, que l’on peut lire Ryū ga Gotoku 2, soit littéralement  « Comme un dragon 2 », merci Wikipedia) est le second opus de la série des jeux Yakuza, une des licences fart de SEGA. Sortie sur Playstation 2 en 2006 au Japon pour 2008 en Europe, il aura droit à un portage sur Playstation 3 en 2012 et sur Wii U en 2013 uniquement au Japon...

Pardon ? Comment ça ce n’est pas le bon jeu ?... Comment ça portage HD PS4 d’un portage HD PS3 d’un jeu PS2 ?... D’accord...

Nous sommes ici bien sur Playstation 4 et nous parlerons donc de son remake, étonnamment intitulé Yakuza Kiwami 2, histoire de marquer le coup (car mettre un simple “HD” comme la concurrence, maître SEGA ne le fait pas !).


Attention toutefois, il s’agit ici bel et bien d’un remake avec le moteur de Yakuza 6 (Dragon Engine), soit reprendre le jeu de base que l’on porte en Haute Définition 1080k/60fps (aka God of War 3 HD sur PS4 ou Shadow of the Colossus HD sur PS3/PS4) et non d’un remaster, qui se voudrait une refonte complète du jeu (aka Resident Evil sur GC ou le très prochain Resident Evil 2).
Notons également la présence d’un arc narratif supplémentaire
ajouté par rapport à sa version d’origine : “The Truth of Majima Goro”.


Avant de pouvoir introduire le second épisode de Yakuza, il me semble nécessaire d’introduire la série des Yakuza, car étant une license ayant un fort rapport à la narration, il est important de prendre ces repères.

Yakuza nous compte l'histoire et les déboire de Kazuma Kiryū (« Le Dragon de Dojima » de son petit nom), ex-yakuza vivant dans le début des années 2000 dans le quartier fictif de Kamurochō. Après dix ans passés en prison pour avoir endossé le meurtre de son Chef de clan, Sohei Dojima, notre héros est de retour dans sa ville d’origine où il se retrouvera impliqué dans un conflit de succession au sein du clan Tojo et l'incident des “10 milliards de yens”.

Le parcours de Kazuma va alors l'amener à rencontrer et affronter des personnages haut en couleurs dans une métahistoire que même les comics les plus délurés de Marvel aurait du mal à égaler. Pour la faire simple, l'univers du jeu est riche… voir trop riche! Plusieur personnages et points de vues différents sur leurs aventures seront à découvrir, à travers un récit s'étalant sur plusieurs années et pas moins de 6 épisodes de la trame principale, un préquel,  5 spin-offs et une adaptation au cinéma….

Autant vous dire que si cette série était passée relativement inaperçu ces dernières années en Europe, dû à une distribution et à des traductions plus que foireuses, si ce n’est totalement inexistante (on a l’habitude avec SEGA…), cette license est une vraie référence vidéoludique au Japon.

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Dernier opus en date de la série, Yakuza 6 continue de nous faire vivre les aventure de Kazuma ainsi que de sa fille adoptive.


Synopsis du second épisode :

“Un an s’est écoulé depuis le fameux « incident des 10 milliards de yens », Kazuma Kiryu s’efforce de mener une vie paisible avec Haruka Sawamura. Un meurtre menace de déclencher une guerre totale entre le Tojo Clan et l’Omi Alliance. Arraché à son quotidien, Kiryu, le Dragon de Dojima, doit se rendre dans le quartier de Sotenbori à Osaka pour tenter de ramener la paix entre les clans rivaux, mais Ryuji Goda, le Dragon du Kansai, ne reculera devant rien pour mener sa guerre. Dans ce monde, il ne peut rester qu’un seul dragon.”

Bref… Attaquons donc le bébé… Et pas celui de Yakuza 6…

Découverte du jeu :

Le test du jeu a été réalisé sur une base d’une “découverte totale”. N’ayant jamais eu le plaisir de jouer à un Yakuza de l’époque ps2/ps3 ni de leur remake HD, tous mes commentaires vont partir du principe qu’il s’agit d’un jeu unique en temps que tel et non d’un simple épisode d’une license foisonnante.

Dès l’introduction, le ton nous est donné : nous sommes là avant tout pour suivre une histoire, découvrir des personnages et partager avec eux des moments forts. Yakuza Kiwami 2 est avant tout une histoire de crime organisé, de guerre de clan et de polar, le tout saupoudré de tranches de vie et de pointes d’humours typiquement nippon, allant des fois jusqu’au grand guignolesque. Cela nous est présenté par des cinématiques avant tout axé sur les personnages et une mise en scène très cinématographique (slow motion, travelling, alternance de plan large ou portrait…).

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Oui, le jeu est beau…


Cela nous permet alors de découvrir cette bonne pâte graphique du moteur Dragon Engine et de ces magnifiques rendu. Le jeu impressionne et laisserai presque oublié que nous sommes ici dans un remake. Mentions spéciales aux visages, fourmillant de détails, qui arrivent à nous retranscrire assez fidèlement les expressions des personnages. Nous ne sommes pas au niveau d’un L.A Noire mais forte heureusement, bien loin des patates parlantes de certains triple A modernes (Andromeda, on ne t’oubliera pas…)

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, nous pourrions avoir peur du faites d’une suite que nous soyons totalement perdu entre cet enchaînement de personnage, de clan et de noms que les dialogues nous servent, mais heureusement, les développeurs ont pensé à nous. Il nous est proposé de (re)découvrir sous forme de plusieurs cinématiques toute l’histoire du premier opus.Pour la suite, sans vouloir spoiler l’intrigue, le ton nous est très vite donnée et le protagoniste principal habillement introduit. Notre héros, Kazuma, certes put la classe mais c’est également le cas de son nouveau rival Ryuji.

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Se recueillir auprès d’une tombe pour se remémorer les “bon souvenirs”


Certes les cinématiques sont “très belles, bien rythmées et nous tiennent en haleine”, mais le jeu en lui-même ? Il est comment ?

Les cinématiques pré-rendu c’est bien beau, mais c’est un jeu que l’on a acheté, pas le dernier film d'animation de la Toei. Et là, encore une fois, le jeu remplit pleinement ces engagements. Les détails fourmilles à l’écran et les gens pullulent en grand nombre dans les rues. C’est impressionnant de voir la playstation nous cracher autant de pnj vivant leur vie à l’écran, chose encore plus impressionnante du faites que les temps de chargement soient relativement rapide, surtout quand on les compare à d’autre canon de la Playstation 4.

On peut néanmoins reprocher quelques textures en peu en dessous pendant certains moment et une légère sensation de vide dans certains quartiers de la ville ou bâtiments. Rentrer dans un bar perdu au fond d’une ruelle où l’on ne croise 2 hôtesses debout comme des piquées avec le regard perdu dans le vide donne par moment un air de projet Blair Witch…


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Comparatif PlayStation 2 de 2006 et PlayStation 4 de 2018


Mais sinon, dans votre jeu, on y joue un moment ?

“On ne juge pas un jeu sur ces graphismes, car c’est comme juger une femme sur son apparence, on peut passer à côté de l'inattendu” et c’est en suivant cet adage que nous allons rentrer dans le vif du sujet : le gameplay.

Tel un Shenmue sur-vitaminé, le jeu enchaîne des phases d’exploration (monde ouvert avec mini jeu, collectible, quêtes annexes...) et missions plus linéaires permettant de faire progresser notre intrigue, le tout étant découpé sous forme de chapitre. La majeure partie du jeu se déroulant en monde ouvert dans des quartiers fictifs de Tokyo, on a tout de suite l’envie de s’aventurer et de se perdre dans cette ville haute en couleur. Pour être tout à fait honnête, une fois les deux premiers chapitres du jeu remplies, je me suis perdu pendant 4 à 5 heures uniquement en quête annexe et mini game tellement l’envie de tout explorer vous prend. On s'émerveille du nombre  de détail et de curiosité que l’on découvre à chaque coin de rue, chaque nouveau restaurant, salle d’arcade ou bar que l’on croise.

Si comme moi vous aviez ressenti une profonde frustration devant GTA ou Sleeping Dogs, de n’avoir que peu de bâtiments visitable à explorer, ici vous allez être servie. Votre première immersion dans la ville va s’apparenter à du vagabondage dans un labyrinthe tant le sentiment de liberté donné vous donne envie de vous perdre dans la multitude de lieu. Je vous rassure néanmoins, la ville n’est en rien comparable en terme de taille aux autres jeux comparés et on ne retrouve aucune composante de véhicule dans ce jeu.

On y croise des hôtesses  de bar prête à vous défier à un concours de fléchette, à un employé de bureau qui peste contre sa femme au téléphone ou encore un représentant de commerce souhaitent vous faire tester sa toute dernière bonne d’arcade. Tout cela travail au réalisme et à l’immersion du jeu, bref : “on s'y croit”.

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Tout comme le regretté Shenmue, Yakuza propose des anciens hits de SEGA (re)jouable en intégralité en 1 ou 2 joueurs.


Pour naviguer et se repérer, on se retrouve avec le combo classique de la mini carte en temps réel avec indicateur d’objectif et d’une autre plus fournie, consultable à tout moment. A la vue du nombre d’élément avec lesquels interagir, la lecture est parfois un peu “fouilli”, surtout si l’on débloque le talent permettant de faire apparaître toutes les mini quêtes du jeu. Et oui, il y a des talents...

Une grande composante des Yakuza est sa composante RPG. Outre l'anecdotique bar d’estomac qui se vide au fur et à mesure du temps, le jeu nous propose des arbres de talents, des équipements et des statistiques. Compléter les quêtes et autres actions dans le jeu vous récompensera en vous distribuant des points parmi 5 catégories. Ces points seront par la suite à distribuer parmi plusieurs arbres de talents permettant soit d’augmenter vos statistiques ou de débloquer de nouvelles compétences et techniques de combats, car bien sûr, Yakuza n’est pas une simple aventure narrative ponctuée d’exploration et de mini jeu, le coeur du gameplay reste la confrontation physique.

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Quoi prioriser pour tout défoncer ? C’est à vous de choisir...


Lors des chapitres narratifs ou de vos déambulations en ville, vous aurez régulièrement à devoir vous défendre contre nombre d’individu : Thugs, Yakuza, membre de clan rivaux et délinquants sont au rendez-vous ! C’est alors, que le jeu nous permet d’admirer tout le respect, la politesse et la civilité légendaire qui caractérise le peuple japonais. Notre héros nous montre alors l'exemple à suivre dans une telle situation et vous permet, dans un élan de cette grande bonté qui le caractérise, de DÉFONCER vos adversaires tel un Batman en costume blanc.


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Comme nous l’enseigne le grand Confucius…


Et c’est là qu’un nouveau pan du gameplay nous est introduit “la correction de cette populace irrespectueuse et insolente”. Le combat semble au premier abord plus que classique, nous évoluons dans des “arènes” face à un ou plusieurs adversaires malheureusement atteint de la même maladie que les gardes d’Assassin Creed : “on attend son tour pour attaquer Monsieur !”; On enchaîne facilement les combo à base d’attaques légères ou lourdes, de “grab”, d'esquive et de blocage le tout permettant de charger une barre de “Heat”. La subtilité du gameplay vient alors de cette fameuse barre qui permet, lorsque suffisamment chargé, d’effectuer des “Heat actions”, entendez par là des exécutions stylisées de vos adversaires à base de prise de Karaté ou d’interaction avec le décor.



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Pour les réclamations, tu repasseras...



Notez également qu’il est possible de vous équiper avec ce qui vous entoure pour punir tout ce qui ose se dresser devant vous. Libre à vous de ramasser une pancarte de publicité, un vélo ou un bol de nouilles pour vous en servir comme arme contondante. Certaines armes peuvent être stockées dans votre inventaire pour un usage ultérieur tel dès couteau à cran d'arrêt ou de wakizashi (il est également possible de se procurer ce genre d’attirail dans les nombreux magasins du jeu, j’aurais également eu rumeur d’un marché noir avec arme à feu à disposition…).

Les ennemis quant à eux se divisent en plusieurs modèles, allant du petit agiles au gros lourdeaux, chacun ayant même droit à son petit nom tel les “Donovan” et les “Jospeh” de Street of Rage. Il nous sera également donné d’affronter ponctuellement des boss, généralement dans des duels d’homme à homme. Le déroulement du combat reste sensiblement le même, outre la difficulté accentué et se solde généralement par un finish moove imposé mais très stylisé.

Si  votre barre de vie vous fait défaut et que vous mordez la poussière, le jeu est assez permissif et vous autorise à recommencer le combat avec une barre de vie et de “heat” pleine. Il est également possible de consommer de la nourriture et des boissons pour restaurer votre barre ou vous procurez des bonus passifs temporaire.

Bilan :

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Coup de coeur pour toi mon Kazuma


Je pourrais parler pendant des heures et noircir des pages tellement le jeu est riche et propose une infinité de possibilité ainsi qu’une intrigue que je ne veux volontairement pas vous spoiler, il est préférable alors de vous résumer ce que ce soft m’a apporté.

Les + :

  • La narration et le storytelling du jeu font cas d’école à ce que l’on peut s’attendre dans une vraie oeuvre vidéoludique. On s’attache à nos héros, on déteste leurs protagonistes même si l’on compatit  face à leur motivation.
  • Le contenu riche et diversifié du jeu. Il y a de tout et pour tous, du combat de robot en arcade ou de la simulation de gold en passant par de la drague d'hôtesse ou du rail shooting. Le jeu foisonne de quêtes annexe, d'histoire et de personnage mémorable.
  • Les graphismes du Dragon Engine, même si secondaire dans une oeuvre, ont droit ici à une mention plus qu’honorable. La nourriture visible dans les restaurants lors des cutscenes rappellent les bons petits plats cuisinés par Ignis de FFXV. Certaines textures auraient méritées d'être revues, mais le tout reste très chatoyants et vivants.
  • Le(s) gameplay, que ce soit pour le combat ou les mini jeux, restent intuitifs et faciles à prendre en main. La monotonie est évitée, même lors des trames principales, par un renouvelement régulier de celui-ci. Les composantes RPG incite à explorer le jeu et de “grinder” sans avoir à “farmer” les mêmes packs de “Thugs” en boucle.
  • L'emprunt au réel notamment dans les détails qui font la différence. Que n’a pas été ma surprise de voir Kazuma boire sa canette de café BOSS, de faire ces courses dans un “100 Yen shop” ou de passer une soirée à chanter dans un karaoké entre deux échoppes de ramen. Tout cela me rappelle et me fait revivre le Japon comme si j’en revenais. Bref... “on s’y croirait” !



Les - :
  • L’absence de traduction peut être un frein pour certains pour découvrir ce jeu. Pour rappel, le soft nous propose uniquement une version japonaise sous-titre en anglais.
  • Le syndrome SkyrimTeFaitMangerDesQuetesAnnexesParPalettes.  Alors oui, le jeu est riche en contenu voir trop riche que cela peut arriver par moment à saturation. Si vous aimez les jeux dirigistes et couloir, vous serez peut-être perdu dans ce jeu qui tente de combler un peu tout le monde.
  • Le style de combat très arcade, même si stylisé et intuitif, donne parfois un  sentiment d'être un poteaux tapant des barres de vie. Un peu plus de souplesses et moins de fouilli lors des mêlées n’auraient pas été du luxe.



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Nostalgie, quand tu nous tiens...


Au final, Yakuza Kiwami 2 est une petite perle de fraîcheur perdue parmi les triple A modernes. Longtemps relayé au jeu de niche en Europe, pouvoir (re)découvrir cette licence avec cette politique des remake est à saluer . Une belle aventure ponctué de moment de folie cachant un gameplay rigide aux premiers abords mais riche en contenu, voilà ce qu’il nous offre. Si vous êtes fan de ces univers, du mode de vie japonais, que l’anglais ne vous rebute pas et que vous avez une PS4 sous la main, il serait dommage de vous en priver, surtout avec l'édition steelbook actuellement en promo à 40€… Foncez!

PS : Encore merci à Ceciestunpseudo pour ce superbe article !

Commentaires

27 août 2018 à 08:51
Faut que je continue le 0 tiens, et le kiwami 1 arrive sur PC \o/
28 août 2018 à 06:28
J'ai fait tous les ryu ga gotoku depuis le tout premier sur ps2. Je suis fan. En plus les tattoos dans le jeu sont magnifiques.

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