Ceci est mon projet d'écriture personnel : "La vérité se cache à l'intérieur". Prenez votre temps.

Le son des défilements de pages et des murmures, emplissaient chaque recoin de la bibliothèque. Cette bibliothèque possédait de grandes armoires; où de vieux ouvrages reposaient dans un léger dépôt de poussière. Ces armoires sont séparées par des allées distinctes, chacune disposée de part et d'autre de la bibliothèque. Au centre de la bibliothèque sont disposés des pupitres, sculptés dans du bois de chêne sombre.

La lumière du soleil d'été transperça les fenêtres et éclaira les pupitres du fond. Sur l'un d'entre eux, on pouvait m'y trouver ; j'étais tellement absorbée par ma lecture que je ne remarquais pas le bibliothécaire qui m'appelais. Il me sortit de ma lecture en me secouant par l'épaule gauche.

C'était un grand jeune homme à la taille fine, habillé d'un costume trois pièces de couleur beige. Il cachait ses yeux noirs, cernés mais remplis de bienveillance, derrière une paire de lunettes de la même couleur que ses yeux. Les traits de son visage étaient doux et gentils, accompagnés d'une chevelure brune mi longue à peine peignée... mais je dois avouer que cette coiffure lui allait bien.


Le bibliothécaire « Veuillez me pardonner Madame... mais la bibliothèque ferme un peu plus tôt aujourd'hui.
Si vous me le permettez, je peux inscrire votre nom dans la liste des livres empruntés.

Je remarquais le vacarme provoqué par les bruits de pas des dernières personnes quittant la bibliothèque.

Annelise - Oui, faites donc. Merci beaucoup. Vous fermez tôt ? C'est inhabituel, pourquoi ?

Le bibliothécaire - Oh ça... Je reçois de nouveaux ouvrages donc j'ai dû sacrifier certains horaires.
Avec cet arrivage, je vais devoir m'atteler à l'inventaire et ranger les nouveaux arrivants selon leurs thèmes... et ça va me prendre du temps, voilà pourquoi. »


L'adorable homme se gratta la nuque en m'offrant un sourire embarrassé mais je comprenais sa situation. Je me levai de la chaise et fis le tour pour la ranger convenablement. Je pris mon livre et me tournai pour faire face au bibliothécaire en souriant.


Annelise « Très bien, j'emprunte ce livre. Où est-ce que j'inscris mon nom ? »


Sur ces mots, il me fit signe de le suivre jusqu'à son bureau. Je le suivis en portant mon livre à la poitrine, tout en essayant de garder une distance entre lui et moi. Une fois arrivés, il contourna le bout de son bureau pour se tenir à nouveau devant moi.
Il attrapa un carnet et le feuilleta pour tomber sur une page où des noms couvraient la quasi-totalité de la feuille.


Le bibliothécaire « Votre nom, Madame ? dit-il en prenant un stylo depuis un pot rouge à sa droite.

Annelise - Miss... Miss Annelise Astrée Tiraesh.

Le bibliothécaire - Anne...lise...Ti...ra...esh. Joli prénom, n'hésitez pas à revenir. »


Ses joues viraient cramoisies quand il constata qu'il m'appelait "Madame" depuis le début, il finit en me donnant un doux sourire gêné.
Le blanc de ses yeux noirs rencontra celui de mes yeux bleus, on resta un long moment comme ça.
Quand je m'en suis rendu compte, je fuyais son regard du côté opposé, en sachant à l'avance que mes joues brulaient.


Annelise « Hmm... Merci beaucoup... J-je reviendrai pour v-vous rendre ce livre. »


Je mit le livre dans mon sac et quitta la bibliothèque en poussant la porte de celle-ci. Une fois sortie, l'ambiance de la ville n'est pas comparable au calme d'une bibliothèque.

Bienvenue à Londres en 1875, en plein apogée de la révolution industrielle ainsi que celle de l'Empire britannique, sous le règne de la reine Victoria. Nous sommes aussi bien dans la modernité technologique que dans les archaïsmes sociaux stricts.

Le parfum d'une ville Londonienne est un mélange subtil d'odeur de poil et de pisse de chien mouillé; d'alcool; de vomi et de la pollution. Les rues sont mouillées et couvertes de moisissures vertes entre les dalles. Il suffit de voir l'état d'une rue pour savoir quel est le rang social du quartier où l'on se trouve. Le peuple est séparé par différentes classes sociales; pour ma part, du haut de mes 20 ans, je suis considérée comme une bourgeoise. Je suis actuellement dans un quartier qui n'est ni pauvre, ni riche... juste un quartier modeste.

J'entamais une marche rapide en évitant tout contact visuel avec les autres passants. Durant mon trajet, j'entendis plusieurs discussions : de jeunes bourgeoises mariées étaient vêtues d'effets somptueux; leurs cous ornaient des bijoux précieux; elles portaient toutes une coiffure structurée et arboraient chacune un sac de marque. Ces dernières étaient devant une vitrine qui exposait des vêtements à un prix exorbitant.


Bourgeoise n°1 « Regardez-moi cette robe rouge à pois noirs... c'est sublime, je l'achète tout de suite ! Elle ira parfaitement avec le chapeau rouge à plumes de corbeaux que mon mari m'a acheté hier !

Bourgeoise n°2 - Vous en avez de la chance... Mon mari ne veut absolument pas m'acheter de nouvelles robes... ni même de nouveaux chapeaux. »

La bourgeoise Gloussa d'amusement tandis que son amie afficha une expression de tristesse.


Je passais mon chemin pour tomber un peu plus loin sur deux gentlemans. Ces derniers étaient habillés d'un costume cravaté et d'un chapeau melon. Ils étaient tous les deux assis sur la terrasse d'une brasserie. Le premier gentleman avait les cheveux plaqués, de larges bretelles et il semble qu'il n'y soit pas allé de main morte sur la pâtisserie vu son ventre.
L'autre gentleman portait des petites lunettes et une épaisse moustache. Il lisait le TIMES du jour en fumant un cigare très couteux.
Impossible de ne pas passer près de la fumée, son parfum dégageait une légère odeur de noisette.


Gentlemen n°2 « AH ! Où va le monde, mon cher ami ?, s'exclama-t-il. De nos jours, un groupe de femmes, qui se proclame médecin, ont ouvert la première faculté de médecine : L'institut "London School of Medicine for Women".

Gentlemen n°1 - Des femmes ? Médecin ? mais c'est un métier d'hommes ça ! Vous verrez, mon cher, personne n'ira dans leur institut.

Gentlemen n°2 - Hm... J'en doute... C'est Sophia Jex-Blake1, Elizabeth Garrett Anderson, Emily Blackwell et Elizabeth Blackwell qui dirigent l'institut. Ce sont toutes des femmes extraordinaires qui se sont battues pour devenir médecin...

Gentlemen n°1 - Pour moi, le monde va mal avec ou sans cette nouvelle alors...

Gentlemen n°2 - Les nouvelles sont fâcheuses. Il y a quelques jours, des policiers ont retrouvé des cadavres dans les rues de Londres. Apparemment, ce serait un règlement de comptes avec les bandits du quartier...

Gentlemen n°1 - Qu'est-ce que je disais... Le monde va mal ! »


Je m'éloignais de ces nouvelles négatives, c'est pourtant le quotidien de Londres donc il n'y a pas besoin de s'étonner. Tandis que le soleil d'été réchauffait mon dos, ma marche était accompagnée des tintements de mes talons qui frappaient les dalles du trottoir. J'apercevais un banc à côté d'un parc d'enfants, je m'installais à droite du banc pour continuer la lecture de mon livre : Il enseignait des techniques de médecine.

Après dix minutes de lecture, des hommes dans la trentaine, aux expressions sévères, s'approchaient non loin du banc.
Ces hommes avaient des habits usés, sales et déchirés à certains endroits. Sur leurs visages, on pouvait clairement voir des cicatrices.

Les mains de l'homme à la taille moyenne portaient des blessures de quelques jours aux phalanges; Peut-être cela provenait-il de bagarre de rue ? L'homme le plus grand, avait une barbe de plusieurs jours et le plus petit, avait les cheveux ébouriffés et mal entretenus... cela donne une petite idée de leur hygiène corporelle. En conclusion : c'est le genre d'individu avec lequel vous n'avez pas envie d'avoir de problèmes.  Ces hommes n'étaient qu'à quelques mètres mais je pouvais entendre leur conversation en lisant.


bandit de taille moyenne « Vous avez entendu parler des cadavres qu'on a retrouvé dans les rues de Londres? C'est peut-être un coup du "chien Noir" ?

Petit bandit - Attend... tu parles de la légende, du mythe ?, dit-il inquiet.

Grand bandit - Mais non idiot ! Ce n'est pas la légende du chien de mauvaise augure !

Le bandit prit un instant pour se rapprocher de ces deux confrères et chuchota :
Grand bandit - On parle du règlement de comptes avec le clan des vipères. Ils ont été pris dans une bagarre à cause d'un type qui avait une dent contre eux.

bandit de taille moyenne - Oui exactement... d'après la rumeur, ce type, c'est une véritable bête.
On aurait dit un chien enragé, il n'y avait absolument rien d'humain chez ce type !

Le petit homme s’inquiétait au fur et à mesure de la conversation.

Petit bandit - Je sens que les rues vont être agitées dans les prochains jours..., se raclait-il la gorge, Je n'aimerais pas me retrouver en face à face avec le "chien Noir". »


Pendant le fil de la conversation, j'ai dû stopper ma lecture. Impossible de me replonger dedans à cause du... "Chien noir" ?
Je comprenais pourquoi l'un des hommes a parlé de légende : dans les rues de Londres, lorsqu'il fait nuit noire, certaines personnes peuvent croiser le chemin d'un chien noir mais malheureusement, elles sont toujours retrouvées mortes le lendemain.
Les chiens noirs, surtout la nuit, sont des présages de mort et de malheurs; exactement comme les chats noirs.
Normalement, je ne prête pas attention à ce genre de mythes ou de légendes urbaines... mais là, une histoire de clan, de cadavres et de revanche... c'est du sérieux.

Le temps se rafraichit, il vaut mieux que je rentre tôt si je ne veut pas que la maisonnée soit remplie de reproches.
Je me levais de ce banc, doucement sans me faire remarquer par le groupe d'hommes à côté et continuais ma route jusqu'à la maison.
Le soleil était sur le point de rendre son dernier souffle de la journée...

Sur le chemin, une vieille femme au dos courbé perdit connaissance. Elle était devant moi. Nous étions entre un bar et un fleuriste. J’accourus et pris ses mains :


« Vous allez bien ? Es-ce que vous m'entendez ? Répondez-moi !, disais-je affolée.»


Mon front commença à perler de sueur. Elle ne réagissait pas. J'inspectais sa respiration. J'approchais mon oreille de ses lèvres tout en surveillant son ventre. Heureusement, elle respirait...donc aucun danger. Le fleuriste, qui a vu la scène, vint m'aider à la porter jusqu'au bar d'à côté. Il la porta comme une princesse, vu que ses bras étaient pris, je l'aidais avec la porte du bar.
J'abaissais la poignée et ouvris la porte en grand pour le laisser passer. La vieille femme était dorénavant couchée dans un sofa en cuir rouge. Le fleuriste retourna à ses activités, en me laissant seule avec la vieille femme.

Le bar où nous étions dégageait une atmosphère accueillante et agréable. Il était stylisé avec des tons de couleurs chaudes.
Le fauteuil dans lequel j'étais assise, faisait face à la vieille femme, avec une table basse en bois noire qui nous séparait l'une de l'autre. Ce fauteuil était mauve, chaud et moelleux. Je reposais mon corps fatigué sur celui-ci.
La vieille femme grogna et ouvrit finalement les yeux.


Vieille femme « Mon enfant, qui êtes-vous ?... Où suis-je ?

Annelise - Vous êtes sûre que vous allez mieux ? pas de vertiges ?

Vieille femme - Oui, je vais bien... faiblement... mais vous ne répondez pas à mes questions...

Annelise - Oh oui ! Je m'appelle Annelise Tareish. Vous avez fait un malaise, il y a quelques minutes et maintenant vous vous trouvez dans un bar, proche du lieu de votre malaise. Heureusement que ce n'était pas une crise cardiaque...

La vieille femme se redressa pour prendre une posture assise et prit son sac pour sortir un assortiment de carte.

Vieille femme - Aujourd'hui, je vous dois la vie. Je vais vous tirer les cartes et vous lire les lignes de votre mains gratuitement.
C'est ma façon à moi de vous remercier...

La vieille femme s'exécuta, joua avec les cartes avec une immense habileté et les disposa sur la table basse en un tour de main.
Elle déposa le reste de la pile à sa droite.

Vieille femme - Mon enfant... à votre gauche, vous avez votre passé; Au centre, votre présent et enfin à votre droite, votre futur.
La carte au-dessus du centre, symbolise l'atmosphère de la situation; celle en dessous, représente vos motivations profondes et insoupçonnées et enfin celle en bas à droite est la personne qui interfèrera dans votre vie, cela peut être quelqu'un d'inconnu ou non.
Quand je retournerai la carte centrale, je piocherai une carte au hasard dans la pile à ma droite.

Annelise - D'accord, je n'ai pas tout saisi... mais commençons...

La vieille femme retourna toutes les cartes, elle prit le temps de les regarder attentivement puis elle leva la tête certaine de ce qu'elle voit.

Vieille femme - Vous allez recevoir une mission importante, vous allez la recevoir sous forme écrite, elle peut prendre donc la forme d'une lettre, d'une note ou quelque chose qui s'en rapproche. Un évènement majeur va vous désorienter mais vous n'aurez pas beaucoup de choix. Il est important que vous vous allier avec des personnes de confiance.
Vous allez perdre un être ou un objet très précieux mais cela va vous élever sur le plan spirituel. Vous allez prendre un nouvel élan dans votre vie, un enchaînement d'événements est en train de se produire.
Votre passé est quelque chose hors de contrôle et remplis de secret. Votre quotidien va être bousculé rapidement, vous allez également côtoyer une personne qui va provoquer des réactions en chaîne.

Elle me regarda quelques secondes sans rien dire, son visage afficha un air sérieux mais celui-ci s'évapora avec un sourire.

Vieille femme - Donnez moi vos main, mon enfant... je vais lire vos lignes.

Annelise - Oh !... d'accord...

Je tendis mes deux mains, hésitante mais curieuse d'en savoir plus...

Vieille femme - Hum... Je vois. Vous allez rencontrer et vous perdrez une personne de votre famille et un inconnu.
Ces dernières vont vous accompagner dans votre bouleversement de vie. Votre passé est enfouit dans des nœuds de mystères familiaux... La vérité se cache à l'intérieur. »


C'est vraiment précis, mon passé ? Hors de contrôle ? secrets ? mystères?
Je me levais de mon fauteuil, complètement perdue mais esquissa un sourire en posant ma main gauche sur mon fauteuil.


Annelise « L'inconnu que je suis censée rencontrer... ne serait-ce pas vous ?

Vieille femme - Je ne peux rien vous dire. Si nous nous revoyons, ce sera la destinée, soupira-t-elle en affichant un sourire, mais il se peut que ce soit quelqu'un d'autre, vous vous rencontrerez plusieurs fois...

Annelise - Alors, au revoir Madame... répliquais-je en adressant un doux sourire. »


Elle me rendit la pareille en me saluant. Je la salua en retour. Je me dirigeais vers la porte du bar, celle-ci était vitrée : elle laissait transparaitre le ciel étoilé et les rues éclairées par les lampadaires. Je sortis du bar ,en contastant que j'allais rentrer tard...donc m'attirer les foudres de père. En m'éloignant de ce bar, j'ai pu lire son nom : Destinée. Je repris la route avec une expression amusée par cette coïncidence... Absolument tout dans le hasard.

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