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Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

20 août 2017 à 23:45 Pampulilu      
Bonus : quelques mois plus tard, entretien d'embauche d'Amethys pour intégrer un groupe de bandits.

Je jetai un oeil suspicieux à mon interlocuteur. Un examen psychomachinchose?! Sérieusement? Pffff! J'avais jamais mis les pieds à
l'école! Enfin, en théorie parce que ma mère me faisait cours tous les matins sur le vaisseau. Elle disait vouloir enrayer les mauvaises
manières que me donnait mon père. Mais perso, j'ai toujours préféré l'action à la théorie! Et devoir me plier à un exam psychotruc me
gonflait avant même que j'aie commencé à toucher la tablette. Une tablette! Si je me retrouvais dans cette situation, c'était à cause
d'une autre tablette justement! J'avais toujours rêvé d'en avoir une! Alors bon, peut-être qu'en intégrant la bande, il m'en offrirait une
comme cadeau de bienvenue? Pour une fois je serais pas obligée d'essayer d'en chiper une quelque part! Bah après, perso, ça me dérangeait pas hein d'essayer d'en chourer une autre! Et cette fois-ci j'me ferais pas prendre la main dans le sac par un gros caïd!  Je levais les yeux de ma tablette. L'autre continuait à pianoter sur son clavier en m'ignorant royalement. Je poussais un soupir. Bon, ok, s'il fallait en passer par là, j'allais le remplir ce fichu examen psychofoireux!


Amethys  ne put s'empêcher de commenter ses réponses à voix haute, histoire d'alléger un peu l'atmosphère. Le silence  qui régnait dans la pièce la stressait un peu. De toute façon, l'autre en face ne la calculait pas.

Alors! Nom et Prénom. Amethys Marchal. Mais je préfère Thys! Thys La Malice! Ouais, c'est mon petit nom de scène, voyez! Tout bon bandit qui se respecte a un nom de scène quoi, pour l'image quoi! Voyez? Bref...

Surnom! J'ai pas de surnom! J'ai un nom de scène, c'pas la même chose hein! Et le premier qui l'écorche, il aura affaire à moi! Enfin... Tout dépend de sa taille...

Race. Je suis humaine! Ça se voit un peu non? Bon... Ligne suivante...

Sexe! Je suis une fille! Mais je peux facilement passer pour un garçon quand je planque mes cheveux sous une casquette! J'ai d'jà testé! Je précise hein, au cas où ça vous intéresserait! Ça peut toujours servir ce genre de chose!

Âge. J'ai 16 ans! Euh nan! Flûte! Comment on fait pour effacer sur ce bordel? J'ai 17 ans. Et j'ai même pas pu fêter mon anniversaire! J'étais coincée dans un cryotube ce jour-là! Du coup j'ai pas eu de cadeau ni rien... Vous ne voudriez pas m'offrir la tablette par hasard? Nan? Ok, laissez tomber!

Casier Judiciaire... Ces salauds m'ont enfermée dans une cave parce que j'avaisemprunté une de leur tablette! Bon, ok, je l'ai empruntée pour une durée indéterminée. Mais pour une fois j'ai rien piqué d'autre! Bon, ok, j'allais juste choper un morceau de bidoche... Mais vous auriez vu l'énorme bestiau qu'ils allaient se taper à trois! Y'avait assez à bouffer pour dix personnes! Donc ça aurait fait quoi, hein, que je piqueun bout de viande? Mais ils n'ont pas réussi à me garder ces gros nuls! Ouais, parce que... Thys La Malice quoi!

Situation familiale... Euh... Célibataire. J'ai pas de p'tit copain et le gars qui me fera tomber entre ses pattes n'est pas né! J'vous l'dis! Ma mère est devenue complètement gaga quand elle a rencontré mon père. Et j'veux surtout pas ressembler à ma mère!

Dossier Médical. J'ai jamais été malade! Même quand j'ai été foireusement réveillée sur le vaisseau arche par cet idiot d'aurin. Il n'était vraiment pas clair celui-là! Et vous auriez vu la psy! Psy mon oeil! Pour ça que, sauf vot' respect, j'émets de sérieux doutes sur l'utilité de votre machin... Mais bon... Ok, vous n'êtes vraiment pas causant vous hein!

Compétences – Parcours professionnel! Ah! Ça c'est une partie qui me plaît! Euh... Voyons voir... Par quoi commencer... Parce que je sais faire plein de trucs hein! Pensez, ça fait deux mois que je traine seule dans la nature! Déjà, quand j'étais p'tite, je construisais des robots toute seule comme une grande! Ouais M'sieur. Je suis super douée pour ça! Là voyez! C'est le robodzilla 3! Ouais le premier ne plaisait pas à ma mère, trop bruyant. Et le second... Ben une dingue l'a dézingué à coups de clé à molette! Dommage, parce que franchement, la version 2, elle envoyait! Il avait une hélice et tout! Mais j'ai pas retrouvé de quoi la reconstruire... Pfff! Bon... euh... Ben sinon je suis devenue pas mal douée en chourage d'objets en tout genre. Je suis petite et Discrétion est mon deuxième prénom! Je me suis pas encore essayée aux poches par contre... Tiens, faudrait que j'm'entraine!

Bon, ben voilà pour l'identité... Pfiou c'est long votre truc... Alors, examen psychologique...

Une bagarre éclate dans une taverne remplie de monde et quelqu'un finit par renverser votre verre...
Bah... Tout dépend de la taille du gars voyez... Non parce que si c'est un aurin, clairement, je lui fait bouffer sa queue! Mais si c'est un granok, là, ben c'est tout de suite plus compliqué... Si j'envoie mon robodzilla s'en charger, ça compte?

A Thayd, un mendiant d'une race différente de la vôtre s'approche en vous suppliant de lui laisser quelques pièces... Ah non m'sieur! Avec moi c'est du donnant-donnant! Le mendiant, il aura bien quelque chose à me refiler en échange de sa pièce, nan? Après, race différente... Bof, c'pas très important. Je loge tout le monde à la même enseigne. J'fais pas à la tête du client quoi. Mon père m'a toujours dit : "Mate pas la tronche! Mate la taille du porte-monnaie!"

À Thayd, un mendiant de même race que la vôtre s'approche en vous suppliant de lui laisser quelques pièces... C'est le même topo que pour avant m'sieur! Je regarde pas la race dans ce cas là! Dites je suis obligée de réécrire tout ce que j'ai marqué plus haut? Hein? Ok, ok... Euh... Pfff

Vous découvrez le corps sans vie et mutilé d'un membre de votre faction dans les plaines sauvages de Galeras. Le plandragon à l'origine du massacre est loin. Personne aux alentours... Ben si le gars est mort, je peux plus faire grand chose pour lui, pas vrai? Alors autant récupérer ce qui est récupérable. Donc bon, on va dire que je farfouille voir si y'a pas des babioles intéressantes, genre quelques pièces d'or qui traineraient, ça peut toujours servir, pas vrai?


Un supérieur hiérarchique vous donne un ordre qui va à l'encontre de vos principes les plus essentiels... Haha! Trop facile!!! Ouais parce que voyez, j'ai un super principe moi! C'est de ne pas avoir de principes! haha!

On vous propose un travail grassement payé et pas forcément très légal, qui implique une transaction avec un groupe de membres du Dominion... Si c'est grassement payé, c'est pour bibi! Après, si les Dominards posent soucis, ben y'aura toujours moyen de leur faire fermer leur clapet? Pas vrai? Vous avez déjà épilé un chua? Nan? Moi non plus, mais j'ai toujours rêvé d'essayer!

Vous vous retrouvez au centre d'un conflit armé opposant des troupes militaires Exilées et du Dominion... Oh, ben dites, c'est le super mega plan ça! Parce que dans la cohue générale, les gars, ils ne vont pas faire attention à grand chose! C'est le moment idéal pour faire de bonnes affaires! Récupérer quelques paquetages, de bonnes armes qui trainent par ci, quelques munitions par là. Tout en ayant l'air de ne pas y toucher, voyez! Pas vrai? Vous en pensez quoi? Ouais ok, vous ne pensez pas grand chose vous...

Au détour d'une ruelle, vous apercevez une jeune femme vêtue de haillons se faire violemment agresser par deux Granoks à l'air moribonds... Ok! Euh... Ben pour les granoks, j'ai mon super robodzilla! Donc Zilla leur fait leur affaire! Du coup, une fois qu'ils sont K.O., j'en profite pour récupérer quelques trucs. Et pour la nana, ben j'annonce mon prix hein! Un service, surtout comme celui-là, ça doit se payer non? Surtout que deux granoks! Hé! C'est pas rien!

Vous avez une petite fringale. Un restaurant chic, une cantine populaire, des miettes de pain au fond du sac, etc... les possibilités
sont nombreuses... Hé! Je laisse les miettes aux culs-terreux qui n'ont pas assez de jugeotte pour se trouver à grailler correctement! Je trouve toujours perso! L'autre jour, une aurin a laissé trainer une tourte sur le rebord de sa fenêtre! Trop stupide cette aurin! Et la tourte! Un vrai délice! Sinon, ben je cuisine. J'arrive à faire des trucs pas trop dégueulasses avec pas grand chose! Héhé! Thys La Malice quoi! Hé! Vont pas me demander de faire la popotte pour tout le monde au moins?

Un individu peu recommandable vous propose de lui acheter – à bon prix – de la poudre de larves Lopps, en vous vantant ses qualités hallucinogènes et psychotropes... De la poudre de Lopps.... Hum c'est quoi ce truc? Jamais entendu parler! Enfin, si c'est pas cher et que ça donne des hallucinations à ceux qui en prennent, ça peut toujours servir! Haha! Vous savez pas où je peux m'en procurer par hasard? Ouais! Laissez tomber! Je trouverai!

Lors d'une conversation de comptoir, vous entendez un Aurin parler de ses croyances, et du lien fort qu'il entretient avec la nature... Mais ils nous gonflent ces aurins! L'autre jour j'ai croisé un huluberlu qui parlait à un arbre! Je me demande s'il na pas trop forcé sur la poudre de Lopps tiens! Non mais sérieux! Vous ne les trouvez pas un peu zarbi vous?

Vous rencontrez un Mordesh qui exprime toute sa haine envers le professeur Lazarin. Un humain rétorque que les Mordesh, ces bêtes de foire, n'ont rien à faire parmi les Exilés... Mouais, perso la première fois que j'ai vu un mordesh, ça m'a fait grave flipper! Mais après... Bon, je suis pas du genre à m'attendrir! Attention! Mais faut dire que c'est plutôt moche ce qui leur arrive, non? Enfin j'aimerais pas être eux quoi! Donc je peux comprendre qu'il ait une dent contre le père Lazarin... Mais après... En quoi ça me concerne, hein?

À Algoroc, une foule s'est rassemblée autour de l'Amiral Brightland qui donne un discours enflammé sur la fierté qu'il éprouve d'être un Exilé... Fierté mon cul!... lotte et papillotte! Moi je suis juste fière d'être ce que je suis? Vous suivez?

Bon, voilà, j'ai fini! Euh... C'est tout? Pas d'autre test à passer? On se serait pas déjà vu quelque part? Non? Parce que vot' tête me dit quelque chose... Ok, ok... Je sais, je parle trop! J'ai rien dit hein, je file.


Amethys  se dirigea lentement vers la sortie. Tant pis pour la tablette! Mais la petite tabatière ouvragée qui trainait sur le bord de la table devrait pouvoir se revendre à un bon prix!


Edité par Pampulilu

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

22 août 2017 à 17:53 Pampulilu      
5) WOW : BG Thyre


 J'attendis le plein jour pour retourner sur les lieux de l'attaque.

***  
       
Je n'avais pratiquement pas dormi de la nuit. Sans sous vaillant en poche, je n'avais pu trouver refuge que dans une vieille grange où trainaient quelques ballots de paille qui m'avaient offert un confort rudimentaire. J'avais eu froid et l'humidité de l'air matinal avait fini de me transir pour de bon. A mon réveil, je m'étais sentie sale, courbaturée et affamée. Malgré cela, je n'avais pas eu le cœur de me lamenter sur mon sort. Ce n'était pas dans mes habitudes. Ma grand-mère, que j'appelais affectueusement Mine m'avait appris à relever la tête face aux épreuves afin de ne pas sombrer dans le désespoir. Forte de cet enseignement, je m'étais prestement dégagée de mon nid de paille et avait essayé tant bien que mal de remettre un peu d'ordre dans ma tenue. Le bas de ma robe était souillé de boue séchée, mes bottes en peau avaient souffert de ma course effrénée de la veille et leurs semelles se décollaient. J'avais aussi hérité de quelques écorchures aux mains et au visage qui me picotaient. Sans eau à disposition immédiate, il me faudrait attendre pour le brin de toilette. J'avais tenté tant bien que mal de défroisser ma tunique, sans grand résultat. J'avais défait ma tresse qui de toute façon s'était à moitié dénouée dans mon sommeil et démêlé mon opulente tignasse rousse avec mes doigts en essayant d'épargner les tiraillements sur mon pauvre crâne, peine perdue! Puis j'avais entrepris de retresser rapidement mes cheveux avant de me remettre en route.

***

            Je m'approchai à pas mesurés. Le chariot était là, gisant sur le bas côté de la route. Les paniers contenant nos provisions avaient tous été emportés ainsi que les tonneaux d'hypocras et d'hydromel dont Mine avait le secret. Ils avaient aussi emmené les tissus, la laine et les peignes en os que je m'amusais à sculpter et à décorer de petits cailloux colorés qui retenaient mon attention au fil de mes voyages. Nulle trace d'Airelle, notre jument et bien le plus précieux. Nulle trace de Mine. Cependant, je savais qu'il était inutile de
partir à sa recherche. Je l'avais vue tomber prise en étau au milieu de ces brigands, vaincue par son cœur fragile qui la fatiguait depuis quelques années déjà. Sous le coup de l'horreur et sachant pertinemment qu'il m'aurait été impossible de lutter face aux ignobles voleurs qui avaient surgi de la forêt d'Elwynn pour nous dépouiller, j'avais laissé tomber au sol ma cueillette de pacifiques et avais couru sans m'arrêter jusqu'à l'épuisement complet.

            Sans cheval, il m'était impossible de tirer le chariot. Je décidai donc de ne récupérer que ce qu'il m'était possible de transporter sur mes épaules sans trop me fatiguer. Vu le peu que les bandits avaient laissé, le tri allait être rapide. Je m'emparai d'une toile de lin tâchée de vin coincée sous une caisse en bois pillée de son contenu et disposai en son milieu quelques vêtements retrouvés ça et là trainant au sol. Je soupirai à l'idée qu'il allait me falloir laver le tout si je désirai pouvoir m'en servir. Je rêvai plus que tout d'un bain chaud et de linge propre. Je retrouvai aussi un petit pot en fer blanc cabossé qui pourrait me servir à faire de la soupe. Mon cœur s'emballa à la vue du petit coffre contenant les herbes séchées qui avait été renversé. La serrure avait été forcée, mais visiblement, les voleurs n'avaient pas jugé utile de s'en encombrer. Je récupérai les petits sachets. Il y avait là de la pacifique, de la terrestrine, quelques pétales de mages royales, des feuillargents et quelques brins d'étouffante. J'empaquetais le tout avec précaution dans une chemise de lin que je déposais au centre de mon balluchon. Puis je m'attaquais fébrilement au petit mécanisme permettant de découvrir un double fond. Ma joie fût sans égale en découvrant la petite bourse de cuir retourné inviolée. Celle-ci contenait dix
pièces d'argent. C'était peu, mais cela me permettrait de dormir au chaud à l'auberge la plus proche. Je m'en emparai fébrilement et la cachai sous ma tunique à force de contorsions. Ceci fait, je repliai les quatre coins de la toile de lin et les nouai entre eux avant de fixer mon paquet à mon bâton de marche joliment sculpté par mes soins et qui avait fort heureusement échappé à la convoitise des brigands. Enfin, je glissai dans la sacoche que je portai en bandoulière un morceau de pain rassis qui n'avait pas été au goût des voleurs mais qui épaissirait mon bouillon du soir si jamais je ne réussissais pas à prendre du petit gibier avant la nuit. Je préférai en effet économiser le peu d'argent que j'avais pour autre chose que la nourriture.

            Ainsi parée, je jetai un dernier regard à ce qu'il restait de ma vie passée et repris la route sans m'attarder en essuyant les quelques larmes qui perlaient au coin de mes yeux d'un revers de la main.


Edité par Pampulilu

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

25 août 2017 à 21:21 Pampulilu      
Je m'éveillai lentement, baignée par les rayons de lumière qui atteignaient mon lit depuis la fenêtre. Douce chaleur réconfortante! Je m'étirai le sourire aux lèvres. Cela faisait quinze jours que je dormais dans des draps propres à l'auberge du Comté d'Or. Cette parenthèse
sédentaire m'avait fait un bien fou et je n'étais pas particulièrement pressée de reprendre la route maintenant que j'étais sans famille.
            J'entendis discrètement frapper à ma porte. Je me redressai prestement sur mon séant et rajustai ma chemise.

- Entrez!

            Marthe,la servante de l'auberge, pénétra dans ma chambre avec ses bonnes joues roses et son sourire jovial comme à son habitude.

- Votre déjeuner ma mignonne! Un verre de lait frais et une bonne galette au beurre.

- C'est parfait Marthe! Merci beaucoup! Mais vous me gâtez trop. Vous ne devriez pas me porter mon repas dans ma chambre chaque
matin, vous m'encouragez à la fainéantise!


            Cependant, alors qu'elle quittait la pièce, je lui décernai mon plus beau sourire. Cette bonne femme sans enfant m'avait prise sous son aile dès mon arrivée à l'auberge en me voyant crottée et affamée. Et je m'étais laissée choyer quelques jours, trop heureuse de pouvoir enfin me reposer de mes soucis. Il n'en restait pas moins qu'il me fallait songer sérieusement à mon avenir. J'avais entrepris déjà
de grandes balades en journée afin de réapprovisionner mon stock d'herbes et de racines médicinales. Marthe m'avait annoncé l'ouverture prochaine de la Foire de Sombrelune. J'espérais pouvoir m'y faire un peu d'argent en vendant mes mélanges pour tisanes. Marthe m'avait déjà fait de la publicité auprès des clients de l'auberge en ventant les effets prodigieux que mes infusions de pacifiques avaient eu sur ses problèmes de sommeil et de digestion, ce qui m'avait permis d'augmenter de quelques pièces mon petit pécule et de séjourner plus longtemps dans la région.

            Je dévorai ma galette et vidai mon verre de lait d'un trait. J'avais encore beaucoup à faire avant de me rendre à la foire. Je passai ma chemise rouge et mon pantalon de toile brune. J'enfilai par-dessus une tunique de lin et chaussai mes vieilles bottes en cuir que Marthe avait fait réparer. C'était devenu ma tenue de tous les jours pour parcourir la campagne pendant mes longues sessions de cueillette. Je conservais mes plus belles robes pour le soir, alors qu'il m'arrivait d'aider le patron de l'auberge en assurant le service au souper en échange d'un repas chaud. Le brave homme était ravi de voir affluer les clients masculins me sachant présente ; c'était très bon pour ses affaires. Quant à Marthe, elle veillait jalousement à ce que les hommes trop rustauds se comportent correctement envers moi, et gare aux contrevenants!

            Je démêlai soigneusement mes cheveux et les tressai, puis j'imbibai un linge de lotion de mage royale afin de me rafraîchir le visage et le cou. Avant de quitter ma chambre, je passai mon sac en bandoulière et saisis mon bâton de marche. Je dévalai les escaliers et quittai les lieux en saluant d'un éclatant sourire et d'un gracieux geste de la main l'aubergiste, ce qui lui fit monter le rouge aux joues.

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

26 août 2017 à 22:02 Pampulilu      
Mes cheveux retenus par un bonnet de coton brodé ocre, j'avais revêtu ma longue robe rouge et une large ceinture de cuir ornée
de motifs floraux. J'avais pris un bain dans lequel j'avais pris soin de rajouter quelques gouttes d'huile essentielle de mage royale. Tout cet apprêtement me faisait un bien fou après avoir subi tout l'après-midi la poussière de la foire de Sombrelune. Mais je n'avais pas à me plaindre car les affaires avaient été bonnes et je pourrais bientôt être en mesure d'acheter un bon cheval et de reprendre la route. J'évitais soigneusement d'évoquer le sujet avec Marthe, éternelle inquiète, qui jugeait que la place d'une jeune femme n'était certainement pas à gambader seule sur les routes peu sûres du pays. Cependant, si j'avais apprécié ces quelques jours sédentaires, l'appel du voyage était le plus fort. Il était l'essence même de mon mode de vie depuis le jour de ma naissance.

            En entrant dans la cuisine, je trouvai Marthe en train de s'affairer à la préparation d'un ragoût. A ma vue, elle se saisit d'une écuelle et m'en servit une portion généreuse. Je mangeai de bon appétit avant d'enfiler un tablier et de prendre mon service dans la grande salle. Il y avait beaucoup de monde ce soir-là et je fus très occupée toute la soirée. Des soldats venus souper avant de prendre leur tour de garde, des marchands causant gaiement de leurs dernières acquisitions, des voyageurs évoquant avec passion les dernières contrées traversées.

            Je débarrassais une table lorsque je les vis entrer en se poussant des coudes, rustres, bruyants et sales. Je les aurais reconnu entre mille ces scélérats! Je les observais discrètement. Allaient-ils me reconnaître eux-aussi? Dans ce cas, mieux valait que je trouvasse un moyen de quitter les lieux au plus vite. Mon cœur s'emballa alors que je constatais qu'ils se dirigeaient droit vers moi. Ils
prirent place autour de la table que je nettoyais. Je me décalai pour les laisser s'asseoir lorsque l'un d'eux m'attrapa par la taille et me fit tomber sur ses genoux. Il puait la sueur et le vin.

- Ola! Amis! Regardez le beau petit tendron que je tiens là!

            Ses camarades s'esclaffèrent en nous regardant. Je piquai du nez de peur d'être reconnue, tentant de me rassurer du fait que mon opulente chevelure rousse était dissimulée sous mon bonnet. Mais des brigands, sûrement trop imbibés d'alcool, je ne reçus aucune réaction quant à notre dernière très fâcheuse rencontre. Marthe ne tarda pas à surgir, poings aux hanches et regard sévère.

- Otez donc vos pattes malotrus ou vous n'aurez rien à manger!

            D'humeur conciliante, le gros rouquin barbu qui me tenait sur ses genoux me lâcha dans un grand éclat de rire.

- Voilà un morceau un peu moins tendre camarades! Mais qu'à cela ne tienne, je les aime coriaces!


            Il y eut une nouvelle slave de rires sonores et Marthe décocha en réponse son plus beau regard noir. Rassurée par la présence de ma bienfaitrice, je me dégageai lentement pour me relever. La chance était avec moi! Je tenais là l'occasion de régler mes comptes avec cette bande de vauriens! D'un signe de tête, je signifiai à Marthe que je reprenais la situation en main. Cette dernière hésita
un instant puis s'éloigna à pas mesurés en direction des cuisines tout en me surveillant du coin de l'œil. Je souriais à mes nouveaux clients et lançais d'un air assuré :

- Tout doux messieurs! Allons, que puis-je pour votre service?


            Ils me commandèrent du ragoût, du fromage et de la bière brune. Je m'éloignais en leur souriant, non sans noter que certains d'entre eux portaient sur eux des vêtements et ceinturons brodés volés sur notre chariot, auxquels ils avaient attaché des bourses bien garnies que je supposais remplies d'or volé lors de leurs méfaits. Cela raviva ma flamme vengeresse.

            Je rejoignis en hâte les cuisines et priai Marthe de bien vouloir préparer ma commande, puis je montai rapidement dans ma chambre pour faire l'inventaire des différentes potions à ma disposition. Je n'avais pas grand chose en stock encore. On ne trouvait dans les environs que certaines plantes très spécifiques. D'autre part, la grande majorité de mes clients m'achetait en priorité des remèdes pour les problèmes digestifs et j'avais donc concentré mes efforts à leur élaboration. Cependant, j'avais en réserve quelques fioles d'extrait de doulourante. Il s'agissait d'un puissant laxatif dont il fallait user avec parcimonie. Mine m'avait appris que le meilleur des remèdes pouvait se révéler être le pire des poisons si on l'utilisait à mauvais escient. Je m'emparai d'une fiole, quittai ma chambre et dévalai les escaliers pour récupérer les assiettes de ragoût que je devais servir. Profitant du fait que Marthe était affairée autour de ses casseroles, je versai une dose généreuse de poison dans chaque assiette, les disposai sur un plateau avec un gros morceau de fromage et plaquai sur mon visage mon sourire le plus avenant avant d'amener le tout à mes victimes.

            Je trouvai ma troupe de bandits toujours d'aussi charmante humeur et plus rougeaux que jamais à force de vider des chopes de bière. Je déposai devant chacun une assiette fumante, et les quittai en les gratifiant d'une coquette petite révérence et en leur souhaitant bon appétit. Cependant, je trouvai à m'occuper en salle afin de surveiller tout à mon aise les premiers effets de mon forfait.

            Lorsqu'au bout d'une quinzaine de minutes un premier commença à gémir et se tordre de douleur, j'exultai. Il fut très bientôt rejoint par ses camarades. Tous se tortillaient sur leur chaise comme des grosses larves, vociférant pour les uns, jurant pour les autres. Et plus les plaintes s'amplifiaient et plus cela me mettait en joie!

            Je sortis de mon état de béatitude en voyant Marthe et l'aubergiste, sourcils froncés se précipiter vers les pleureurs. Je courus à leur suite. Tous les autres clients de l'auberge suivaient la scène avec curiosité. La troupe de soldat attablée à l'entrée ne tarda pas à nous rejoindre pour mettre un peu d'ordre à tout ce remue-ménage.

            Face aux interrogations de tout ce petit monde quant à la qualité du ragoût, du fromage ou de la bière, je prenais mon ton le plus docte pour expliquer que l'excès de bière, comme chacun le savait, pouvait être très néfaste et que ces messieurs en avaient fort abusé, sans compter le vin qu'ils avaient consommé avant de venir à l'auberge. Marthe opina du chef, assurant que cette bande de vauriens n'avait que ce qu'elle méritait! Les gémissements reprirent de plus belle chez l'un des brigands. Plus petit que ses comparses, doté d'une tignasse noire qui n'avait pas connu le peigne depuis des lustres, il se tenait le ventre des deux mains en jurant ses grands dieux qu'il allait mourir. Soudain il lâcha un vent de cul sonore qui ne tarda pas à envahir l'espace de son fumé nauséabond. Tous les nez se froncèrent et l'aubergiste, fort mécontent, somma les soldats d'agir avant que le mal empire et ne fasse fuir le reste de ses
clients.

            J'aidai un soldat à se saisir du gros rouquin barbu pour tenter de le relever. La chose ne fut guère aisée et l'homme, trop mal en point, peu coopératif. Je réussis néanmoins à caler mon épaule sous son bras et avec l'aide d'un troisième homme, nous le soulevèrent tant bien que mal pour le trainer dehors. Ce faisant, je sentais la grosse bourse lourde de pièces du bandit battre mon flanc. La
tentation de le délester de sa fortune en réparation de l'infortune dans laquelle il m'avait plongée quelques jours plus tôt fut trop grande. Je profitais du désordre général pour dénouer le butin de sa ceinture et le renouer à la mienne en replaçant mon tablier par-dessus.

            Tous les bandits furent ainsi conduits à l'extérieur où les attendait un char de la garde dans lequel ils furent entasser sans ménagement. Les soldats les conduisirent à la prison de Hurlevent afin qu'ils y dessoulent à leur aise. Les commodités n'étant pas ce qu'il y a de plus au point en prison, j'eus une pensée contrite pour les pauvres gardiens qui allaient devoir gérer le résultat
de ma vengeance, mais cela ne dura guère longtemps et je passai une nuit en tout point agréable!


Edité par Pampulilu

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

27 août 2017 à 23:28 Pampulilu      
J'avais reçu du courrier... Et c'était la première fois que cela m'arrivait, et ce d'une manière fort peu conventionnelle. Un corbeau s'était posé sur le rebord de ma fenêtre et avait croassé jusqu'à ce que je m'y précipite et lui ordonne d'aller tapager ailleurs. C'est là que j'avais remarqué le parchemin qu'il tenait entre ses griffes.

            Je restais interdite sur mon lit, tenant le rouleau de papier entre mes doigts fins, me demandant qui avait bien pu m'écrire et si finalement ce courrier m'était bien destiné. Me trouvant décidément bien sotte d'avoir tant d'interrogations, je déroulai le parchemin et en commençai la lecture.

Mademoiselle,

Vous m'excuserez, je l'espère, de ne pas me présenter plus en avant dans cette lettre. Comme vous le savez sans doute,
les routes (et les gens) ne sont pas sûrs.

Je suis actuellement à la recherche de personnes n'ayant pas peur de se salir
les mains, en échange de quelques pièces. Ayant eu vent de certains de vos
talents, je pense que vous correspondez parfaitement au profil recherché, et je
souhaiterais donc vous rencontrer afin de vous proposer un travail.

Si cette offre vous intéresse, retrouvez-moi de ce pas à la taverne de
Cabestan, en compagnie des autres personnes contactées. Je pourrai tout vous y
expliquer en détails.

Demandez le Professeur au tavernier.
 
          

Un professeur? Que pouvait donc bien me vouloir un professeur? Et de quels talents parlait-il? Je réfléchissais longuement. Oh, peut-être l'avais-je croisé à la foire de Sombrelune et qu'il y avait apprécié mes mélanges d'herbes. Ce devait être cela, je ne voyais pas d'autre explication possible. Je n'avais pas utilisé mes talents de voyance depuis l'attaque. Et il avait un travail à me proposer? Mais qu'était-ce donc que cette histoire de mains sales? Bah, après tout, pourquoi ne pas me rendre à l'entretien. Si la place était intéressante,
cela pourrait valoir le coup. J'avais de toute façon un cruel besoin d'argent.
 La bourse que j'avais volée ne contenait que trois malheureuses pièces d'or. Le reste était des pièces d'argent et de cuivre. Un emploi me procurerait un revenu plus régulier.

            Je descendis aux cuisines me récupérer un morceau de pain et une gourde d'eau pour le voyage jusqu'à Cabestan et je sortis en hâte vers mon mystérieux rendez-vous.



Voilà, je clôture ici ce topic car je n'ai plus de textes à partager pour le moment, jusqu'à ce que l'envie d'écrire me reprenne de nouveau ^^.


Edité par Pampulilu