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Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

23 juillet 2017 à 22:19 Pampulilu      
Les textes qui vont suivre sont les backgrounds de personnages joués dans divers univers vidéo-ludiques. Les histoires ne sont donc pas abouties car la suite s'est jouée lors de sessions jeu de rôle en jeu.

Je ne suis pas écrivain, n'ai pas vocation à le devenir. Certains passages peuvent donc être maladroits, voire mauvais selon le point de vue xD. Toujours est-il que j'ai pris plaisir à gribouiller ces histoires et c'est bien là le principal :)

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1) AION - background d'Amethys




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2) TERA - background d'Elfenn

Elfenn
Informations Générales :

Nom : A part Elfenn, personne ne le sait
Prénom : Elfenn
Age : A part Elfenn, personne ne le sait, mais elle semble avoir une vingtaine d'années au moins
Sexe : Féminin

Classe : Mystique
Métier(s) : Conteuse

Informations familiales :

Père : A part Elfenn, personne ne le sait
Mère : A part Elfenn, personne ne le sait
Fratrie : A part Elfenn, personne ne le sait

Informations complémentaires :

Profil psychologique :

Elfenn est extrêmement espiègle, adepte des moqueries en tout genre, elle agace parfois ses compagnons de route. Elle aime par-dessus tout se moquer des poporis et des elins qu'elle traite respectivement de "bêtes à poils" et "demi-portions". Extrêmement gaffeuse, elle est connue pour mettre les deux pieds dans le plat ou créer des situations loufoques, conflictuelles, voire catastrophiques parfois.

Têtue, elle n'en fait souvent qu'à sa tête. Elle ne respecte que ses propres règles, quitte à passer pour une égoïste, voire pour une personne sans honneur. Elle semble ne pas se soucier de ce que l'on pense d'elle et les reproches que l'on peut lui faire glissent sur elle comme l'eau sur les plumes d'un canard.

Téméraire et aventurière, elle aime les belles bagarres qu'elle peut ensuite aller conter aux passants dans les rues de Velika, de même que les légendes et grands récits d'Arborea qu'elle connaît sur le bout des doigts.

Elfenn est aussi une grande rêveuse ; il arrive de la voir plongée dans ses pensées. A quoi peut-elle bien songer? Car si Elfenn parle beaucoup, ce n'est jamais d'elle-même et personne ne sait qui elle est vraiment.


Description physique :

Petite avec une ossature fine. Elle est châtain foncé avec des yeux marrons pailletés d'or. Sa peau est bronzée.

Signe particulier : La trace d'une brûlure en forme de cercle dans la paume de la main gauche.

Où la rencontrer: Vous trouverez à coup sûr Elfenn au hasard d'une ruelle dans Velika, contant aux passants les légendes d'Arborea.
 
Présentation RP

Sa vision était floue, ses oreilles bourdonnaient et sa main la brûlait atrocement. Peinant à respirer sous l'effet de la douleur, Elfenn tomba à genoux sur le sol dur.
La sombre déesse lui était apparue dans toute sa splendeur  et avait disparu dans une explosion de lumière. Elle tenta de hurler :
"Ishara! Ishara! Jamais, tu m'entends! Jamais!"
Mais  seul un maigre filet de voix parvint à franchir la barrière de ses lèvres. Ce n'était pas tant la mission qu'Ishara lui avait ordonné d'accomplir qui la tenait dans une telle rage, mais le fait que la déesse se serve d'elle comme d'un instrument de vengeance.

LE PARCHEMIN OUBLIÉ

1. Hatsu.



Elfenn se dirigeait d'un pas décidé vers son lieu de prédilection, son marchepied calé sous un bras.

Elle avait passé la matinée assise près de la fontaine dans le jardin de la bibliothèque. C'était son lieu favori, son petit coin à elle quand elle séjournait à Velika. Elle aimait le tapis de mousse et d'herbes tendres ainsi que la musique des petits jets d'eau chutant en une multitude de gouttelettes irisées dans les vasques. C'est ici qu'elle travaillait les textes qu'elle allait ensuite réciter dans les rues de la capitale humaine, cherchant les mots justes qui tiendraient son public en haleine, travaillant la conclusion de l'histoire à la manière du bouquet final d'un feu d'artifice.

Les habitués l'attendaient déjà, assis à même le sol sur des nattes tressées ou des coussins. Elfenn positionna son marchepied, grimpa dessus, puis elle cria à la cantonade pour attirer l'attention des passants :

« Venez tous écouter le triste sort du dieu Gidd!»

Elle allait se lancer dans son récit lorsqu'elle l'aperçut au coin de la rue, avançant d'un pas nonchalant dans sa direction. Au fur et à mesure qu'il progressait, les yeux d'Elfenn s'assombrissaient. Enfin, il se planta face à elle avec ce sourire en coin qui le quittait rarement.

« Encore cette vieille histoire du dieu Gidd! Tu n'en n'as pas marre de radoter? »

Elfenn toisa le nouveau venu et croisa les bras sur sa poitrine.

- Je te croyais encore sur L'Île de l'Aube. Que fais-tu ici Hatsu?

- Tu me manquais. Tout se passe anormalement bien quand tu n'es pas là. C'est d'un ennui!

Elfenn tentait de garder son calme face au ton délibérément moqueur de son interlocuteur. Cela faisait deux ans qu'elle connaissait Hatsu. Le jour de leur rencontre, l'humain s'était permis de l'interrompre en plein milieu d'un récit relatant les exploits du guerrier Jewu et la manière dont il avait débarrassé un village d'un troupeau de noruks agressifs. Hatsu s'était écrié :

« Comment? Seulement cent têtes? Moi j'aurais pu en affronter le double! »

Elle n'avait pu résister à la tentation de lui faire prouver ses dires, ce dont il s'était acquitté avec brio à la grande déconvenue de la jeune femme. Depuis lors, elle s'était habituée à son égo surdimensionné et lui s'amusait de ses sautes d'humeur et de ses maladresses.

- Qu'as-tu fait de Tarra?

- Oh! Les Hauts-Elfes et leurs mystères! S'exclama Hatsu en levant les yeux au ciel. Elle avait soi-disant des choses à régler. Je l'ai laissée sur l'île. Nous la rejoindrons dans deux semaines.

- Oh ça! N'y compte pas! Trépigna Elfenn. Je n'irai nulle part avec toi pour retomber dans un de tes coups foireux!

Ce disant, elle tapa rageusement du pied sur son estrade improvisée. Le marchepied bascula et Elfenn tomba à la renverse et atterrit lourdement sur son postérieur.

«Tss, tss, tss… Elf, tu devrais surveiller ton régime alimentaire. Ton derrière devient visiblement trop lourd pour être supporté par
tes petites jambes!»


Les quelques spectateurs qui dès lors n'avaient pas réagi partirent dans un éclat de rire. Elfenn, définitivement furieuse, se redressa d'un bond et pointa un doigt accusateur sur le torse d'Hatsu.

- Espèce de porcidé poilu! Noruk attardé!

- Tout doux, tout doux! Dit Hatsu en reculant de quelques pas. En voilà une façon de parler à un vieil ami! D'autant plus que sans vouloir te vexer, un porcidé est forcément poilu et un…

- La ferme! C'est toujours la même chose avec toi! Tu disparais on ne sait où et quand tu daignes réapparaître, c'est avec le sourire aux lèvres et un projet farfelu! J'ai mis trois jours à sortir de cette foutue caverne la dernière fois! Trois jours tu m'entends! Môssieur est parti en éclaireur pour ne jamais revenir!

Nullement décontenancé, Hatsu se contenta de hausser les épaules.

- La belle affaire! Tu t'en es très bien sortie toute seule! Si j'avais eu la moindre inquiétude à ton sujet, je…

- Vas-tu enfin me dire pourquoi tu es venu me voir Hatsu!

Le visage d'Hatsu changea brusquement d'expression et Elfenn compris que ce qui amenait son ami était sérieux. Sa curiosité piquée au vif, sa colère
retomba comme un soufflet. Hatsu se pencha vers elle.


- Ne voudrais-tu pas remettre ton petit discours à plus tard? L'affaire dont je souhaite t'entretenir doit rester d'ordre privé et je ne voudrais pas qu'elle tombe dans le creux de certaines oreilles.

Définitivement conquise, Elfenn se tourna vers son auditoire qui ne perdait pas une miette de ce qui se passait.

« Pas d'histoire pour aujourd'hui. Mon ami Hatsu est venu me rendre visite et nous avons plein de choses à nous raconter. Mais je vous promets très bientôt de nouveaux récits palpitants! »

Se plaçant derrière Hatsu, elle posa ses deux mains à plat sur le dos de son armure et le poussa violemment en avant.

« Aller vilain! Avance! Tu vas m'expliquer de quoi il retourne. »


2. Tarranye.
 
Rien! Elle avait cherché partout, mais sans succès. Tarranye poussa un soupir de découragement.

Cela faisait plus de trois heures qu'elle parcourait de long en large la bibliothèque du Mysterium, mais aucune trace de ce symbole dont elle avait le croquis en main. De quoi pouvait-il s'agir? Hatsu n'avait pu lui donner d'avantage d'indice que ce gribouillis dessiné à la va-vite.


Il était venu la trouver un mois plus tôt à Allemantheia et avait tenu à lui parler en privé d'un sujet qui, selon ses dires, était de la plus haute importance. Tarranye avait regardé son ami d'un air amusé. Ce n'était pas la première fois qu'Hatsu venait lui faire part d'une "extraordinaire découverte". Cependant, il s'agissait toujours de broutilles sans importance connues depuis longtemps du Mysterium. Or, cette fois, elle devait admettre qu'il lui avait posé une colle et elle brûlait d'envie d'en savoir plus.

Aux dernières nouvelles, Hatsu lui avait fait part de son projet de partir pour cette nouvelle terre qui était apparue entre Arun et Shara, l'Ile de l'Aube. Il lui enverrait une missive afin qu'elle sache où et quand le rejoindre. Elfenn était-elle avec lui?

Au souvenir de la dernière conversation qu'elle avait eu avec son amie humaine, Tarranye sourit. S'il avait osé aller chercher Elfenn, Hatsu avait dû se faire recevoir d'une jolie manière car la jeune femme était furieuse après lui et pas prête de lui pardonner les déconvenues de leur dernière aventure! Ces deux là étaient toujours à se chamailler, passionnés et excessifs, des humains en somme.

Soudain, les traits de Tarranye se figèrent. Mais oui bien sûr! Elle devait absolument se rendre à Velika. Elfenn pourrait sûrement l'aider en lui ouvrant discrètement les portes de la bibliothèque du Cercle. Elle trouverait peut-être un début de réponse parmi les vieilleries conservées là-bas. Tarranye n'aimait pas le Cercle et ses soi-disant Gardiens qu'elle considérait plutôt comme des pilleurs de reliques. Mais le fait qu'Elfenn fasse partie de cette institution lui avait rendu service à maintes reprises et allait peut-être encore une fois pouvoir l'aider. C'était décidé, elle partirait demain.

3. Le coffre.
 
« Varel! Avance donc un peu! Il fait noir comme dans un four ici et mes genoux me font atrocement souffrir!! Sommes-nous loin encore? »

Alastor, comte Von Engel, se demandait pour la centième fois au moins ce qui lui avait pris de suivre son ami dans cette galerie sombre et humide dans laquelle ils rampaient depuis dix bonnes minutes. Il grelottait de froid.

« Encore quelques efforts, nous y sommes presque! » Lui répondit Varel.

Alastor et Varel, dix-sept ans, se connaissaient depuis toujours. Varel était le fils de maître Prescard, le précepteur d'Alastor et vieil ami de son
père. Les deux jeunes garçons se considéraient comme frères et faisaient tout ensemble. Aussi, quand Varel avait fait part à Alastor de sa dernière
découverte, ce dernier avait accepté de l'accompagner sans poser de questions pour cette exploration spéléologique.


Les deux amis progressaient lentement. Ils avaient pris pour tout éclairage de fines bougies dont les flammes vacillaient à chacun de leur effort. Quant à Varel, il était encombré d'un sac contenant des vivres ainsi que d'autres bougies qu'il poussait en avant de sa tête avec difficulté. La galerie était étroite et trop basse de plafond pour que l'on puisse s'y tenir même accroupi. Aussi, les deux jeunes hommes se trainaient tant bien que mal,
allongés sur le sol, s'aidant de leurs genoux et de leur seule main libre, l'autre tenant la bougie.


Soudain, Varel s'écria :

« Nous y sommes! Fais attention, le sol se trouve un mètre plus bas. Laisse-toi glisser doucement en avant. »

Alastor vit son ami disparaître puis se redresser debout face à lui.Varel lui prit sa bougie et il put alors se laisser doucement tomber vers le bas comme Varel l'avait fait avant lui. Il fut aussitôt soulagé de pouvoir se tenir debout.

- Pfiou! J'espère que ce que tu souhaites me montrer vaut le coup d'œil, parce que ce n'est pas une partie de plaisir que de parvenir jusqu'ici!

- Attends un peu de voir ça! S'exclama Varel. Puis il farfouilla dans son sac à la recherche des autres bougies qu'il tendit à Alastor. Tiens, aide-moi!

Les deux garçons disposèrent ça et là les chandelles en suivant les parois de la grotte. Puis Varel, qui était sorcier, se concentra. Il envoya au plafond une petite boule de flamme qui éclata en étincelles, lesquelles allumèrent d'un coup toutes les petites bougies. Ce que vit alors Alastor lui coupa le
souffle.


Devant eux se trouvait un coffre en métal blanc ciselé, décoré de symboles qui se répétaient, mais qui leur étaient inconnus. Il était absolument magnifique, un véritable travail d'orfèvre d'une finesse incomparable!

- L'as-tu ouvert? Demanda Alastor la voix tremblante d'émotion.

Varel se tourna vers lui le sourire aux lèvres.

- Bien sûr que non! Aller, à toi l'honneur!


4. Le symbole.

            L'ambiance était bruyante à souhait. Les serveuses passaient de table en table avec leur large plateau, apportant boissons fraîches et mets fumants à l'odeur appétissante.

            Personne ne prêtait attention au couple d'humains attablé dans un coin de la grande salle. La jeune femme, sourcils froncés, fixait une feuille de papier sale et chiffonnée. Le jeune homme, quant à lui, semblait quêter une réponse de la part de sa compagne.

            «Tu sais c' que c'est, pas vrai?»

                Pas de réponse. Hatsu passa brusquement sa main sur le papier que tenait Elfenn.

            «Elf? Ça va?»

            Levant les yeux, Elfenn prit un air détaché en complète contradiction avec l'expression qu'elle arborait quelques secondes plus tôt.

            - Jamais vu c' machin! Lança-t-telle d'un ton déterminé.

            - Elf! On m'la fait pas à moi! T'avais l'air complètement hypnotisée! Aller, sois sympa! Je suis sûr que t'as déjà vu ce symbole dans un des vieux livres poussiéreux que tu conserves dans ta bibliothèque!

            Elfenn poussa un soupir exaspéré. Quel besoin avait Hatsu de toujours fourrer son nez partout! Tout allait de travers depuis leur dernière expédition. Elle n'avait vraiment pas besoin de ça!
            Perdue dans ses pensées, elle regarda distraitement la brûlure qu'elle avait depuis peu dans la paume de sa main gauche. Ce truc ne cicatrisait pas et la démangeait en permanence. Hatsu surprit son geste.

            - Qu'est-ce que tu t'es fait?

            - Rien.

            - Elf, t'es vraiment bizarre aujourd'hui. Montre-moi ça!

            Hatsu tenta d'attraper la main d'Elfenn mais elle se leva brusquement de table.

            - C'est rien j'te dis! Laisse tomber tu veux!

            - Elf...

            - J'te dis de laisser tomber!

            Elfenn avait crié si fort qu'un silence de plomb emplit la taverne dans laquelle ils étaient. Elle se dirigea alors vers la sortie et s'enfuit en courant dès qu'elle eut franchi le seuil.

            Hatsu ne chercha pas à la suivre. Elfenn lui cachait quelque chose, c'était certain, mais il savait qu'il allait falloir se montrer malin et patient pour percer le mystère. En attendant, une petite visite à Tarranye s'imposait. Elle en avait peut-être appris plus de son côté. Il laissa quelques pièces sur la table, daigna offrir un sourire à la jolie serveuse qui lui faisait de l'œil depuis qu'Elfenn avait quitté les lieux, pensant sans doute avoir assisté à une querelle d'amoureux., puis il sortit à son tour de la taverne.




Edité par Pampulilu

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

24 juillet 2017 à 18:09 Pampulilu      
4. Disparition (première partie)

Le soir tombait sur Velika. Une fine silhouette sombre se détachait sur les murs blancs; elle semblait flotter au-dessus du sol. Hatsu plissa les yeux ; il connaissait cette démarche gracieuse qui ne pouvait appartenir qu'à un haut-elfe! Mais que faisait-elle ici? Visiblement, elle ne souhaitait pas être reconnue. Elle longeait les murs, dissimulée sous un long manteau à capuche bleu-nuit dont le tissu vaporeux virevoltait autour de ses chevilles à chacun de ses pas. Comme il s'en doutait elle tourna dans la rue où se trouvait la bibliothèque. Après s'être assurée de n'être vue de personne, elle sortit de sous son manteau une besace en cuir et fouilla à l'intérieur. Hatsu avait déjà observé ce manège à maintes reprises lors de ses expéditions avec Tarranye. Il se rapprocha discrètement. Elle s'apprêtait à faire un de ses fameux tours de passe-passe quand il intervint.


- Elfenn n'est pas là.

La haute-elfe se figea brusquement. Elle savait qu'il ne serait pas aisé de pénétrer dans la bibliothèque, mais elle ne s'attendait pas à ce que la difficulté prenne les traits d'Hatsu. Elle se retourna lentement et lui fit face. Hatsu était appuyé contre un mur, bras croisés et la regardait avec son petit sourire en coin, comme à son habitude. Tarranye soupira.

- Et puis-je savoir comment tu le sais? Tu es resté planté là toute la journée en l'attendant peut-être?

- Hum, à vrai dire, c'est un peu plus compliqué que ça. Si tu pouvais te dépêcher d'ouvrir cette porte, nous pourrions poursuivre cette discussion à l'intérieur.


- Non! Toi tu restes là! Je rentre, je fais un rapide tour de repérage et je ressors!

- Oh que non je ne reste pas là! J'ai toujours voulu savoir ce qui se cache là-dedans! Tu ne vas pas me priver de ce plaisir!

- Très bien! Lâcha Tarranye. Mais tais-toi! J'ai besoin de rester concentrée sur ce que je fais. Si ça se trouve, il y encore du monde à l'intérieur. Nous devons faire le moins de bruit possible!

Hatsu leva les yeux au ciel.

- Ne pourrais-tu pas lancer un petit enchantement histoire d'aller plus vite?


Tarranye planta ses yeux bleus dans ceux d'Hatsu.

- Je viens de te dire qu'il fallait rester prudent. Crois-tu réellement qu'une boule de feu ou une charge électrique soient ce qu'il y a de plus discret?

- Hum… Eh bien je dois avouer que…

- Chut! Interrompit Tarranye exaspérée.

Elle introduisit délicatement une tige de fer tordue dans la grosse serrure de l'imposante porte. Tarranye avait un don pour ce genre de travail. Elle arrivait à bout de toutes les serrures avec une dextérité et une rapiditédéconcertante. Mais personne - à part Hatsu et Elfenn - n'avait pu la voir à l'œuvre.

Comme Hatsu, Tarranye avait connu Elfenn deux années plus tôt au détour d'une rue de Velika. Elle s'était laissée happer par la passion contenue dans la voix de l'humaine. Et lorsqu'Hatsu avait défié Elfenn au milieu d'une de ses histoires, elle avait été le témoin de ce qui ne serait que la première des nombreuses disputes qu'elle aurait à gérer entre ces deux forts tempéraments!


Quant à elle, c'était une nature calme et enjouée, ce qui créait un contraste avec son physique plutôt froid et son air hautain. Grande et fine, les cheveux blonds cendrés le plus souvent noués en queue de cheval, elle avait les yeux d'un bleu très clair et le teint pâle. Sa très forte amitié avec deux humains étonnait souvent ses pairs, mais Tarranye n'en avait cure car c'était un esprit indépendant. Elle était entrée très jeune au sein du Mysterium, comme ses parents avant elle, mais elle en parlait très rarement car cela ne revêtait
guère d'importance à ses yeux. Elle n'avait réellement compris le sens de cet engagement que quelques semaines plus tôt, lorsqu'Hatsu lui avait ramené un dessin représentant un symbole gravé sur la paroi d'une caverne qu'il avait été explorer en compagnie d'Elfenn dans les environs de Velika. Piquée de curiosité, elle avait voulu aider Hatsu à comprendre de quoi il s'agissait. Ne
trouvant rien dans la bibliothèque du Mysterium, elle avait demandé l'aide de Lym, le vieil archiviste.

Là avait été son erreur. Elle avait décelé la lueur d'intérêt dans le regard de Lym, elle avait vu qu'il connaissait ce symbole, mais il avait feint ne pas savoir ce dont il s'agissait. Quand il lui avait proposé de présenter son croquis aux plus anciens et de le conserver aux archives "au cas où" il viendrait à trouver une information, elle avait poliment refusé, sachant pertinemment que dès qu'elle aurait quitté les lieux, il s'empresserait d'avertir les plus hautes instances de l'institution. Elle était partie pour Velika dès le lendemain matin.


La porte céda et Tarranye poussa lentement le battant. Hatsu la précéda dansle large couloir de l'entrée. C'était la place qui lui revenait. Dans toutes leurs expéditions communes, il passait toujours en tête pour protéger ses deux compagnes. Ils progressèrent à pas lents. Il faisait très sombre et les lieux semblaient déserts. Ils débouchèrent dans une pièce circulaire d'une hauteur faramineuse. Des centaines de livres s'alignaient sur des étagères montant jusqu'au plafond. Au centre de la pièce se trouvait le buste en bronze d'un homme. Partout le silence régnait.

Ils se dirigèrent vers les étagères du bas et commencèrent à lire les titres des différents ouvrages qui s'y trouvaient.


- Juste une question, chuchota Hatsu. Pourquoi pénétrer ici par effraction? Ne pouvais-tupas demander tout simplement à Elf de te donner l'accès à la bibliothèque?

- Je ne voulais pas mêler Elfenn à tout ça. Et si tu n'étais pas aussi fouineur, je me serais débrouillée seule ce soir encore, t'évitant certainement de gros ennuis!

- Des ennuis? S'amusa Hatsu.

- Le croquis que tu m'as donné, j'ai cherché partout dans la bibliothèque du Mysterium. Je n'ai rien trouvé! Je suis allée trouver Lym, l'un des archivistes. Il m'a dit ne pas pouvoir me renseigner mais j'ai bien vu qu'il mentait! A l'heure qu'il est, tout le Mysterium est au courant et je suis certainement surveillée… Toi et Elfenn aussi! Je ne sais pas ce que représente ce symbole Hatsu, mais vu la réaction de Lym, c'est quelque chose d'important!


Oui, Hatsu savait que pour une fois, il avait mis le doigt sur quelque chose qui le dépassait. Même Elfenn avait eu une réaction déconcertante. Mais de quoi pouvait-il bien s'agir? Tarranye le sortit de ses réflexions.

- Hatsu? Que se passe-t-il?

- J'ai vu Elf aujourd'hui.

- Ah?

- Je lui ai montré le croquis. Elle aussi a réagi bizarrement… Tarra, Elfconnaît ce symbole! Et vu comment elle s'est enfui, elle craint quelque chose!


- Elle s'est enfui? C'est pour ça que tu attendais devant la bibliothèque!

- Je m'inquiétais! Elfenn s'est blessée à la main, une vilaine brûlure!Quand j'ai voulu voir de plus près l'état de la plaie, elle s'est mise à crier que ça ne me regardait pas et elle est partie en courant. Je ne sais pas ce qu'elle a en ce moment, mais cette histoire sent mauvais! Nous devons la retrouver!



5. Disparition (Deuxième partie)

Comme sortit du tréfond du sol, Hatsu et Tarranye entendirent un grincement sourd à vous glacer les sangs.


- C'était quoi ça? Demanda Hatsu sur ses gardes.


Tarranye lui fit signe de se taire. Le bruit persistait, celui d'une lourde charge que l'on trainait sur le sol. Hatsu pointa du doigt l'endroit d'où le son semblait provenir. Les deux amis se dirigèrent avec prudence vers une petite porte située sous l'un des escaliers. Tarranye tourna la poignée et poussa doucement. Ils pénétrèrent dans une grande salle rectangulaire. En son centre se tenait une grande table, rectangulaire elle-aussi et qui mangeait une bonne partie de l'espace disponible, aux murs, plusieurs étagères supportaient de lourds ouvrages encyclopédiques. Au sol, de beaux tapis chamarrés égayaient la pièce de leurs tons rouges.

- Ici! S'exclama Hatsu.

Dans un coin de la pièce, un petit trépied en bois massif semblait avoir été déplacé et l'un des tapis avait été à moitié rabattu. On pouvait voir sur le sol une trappe en bois. Deux encoches permettaient de placer ses mains afin de la soulever plus aisément. Hatsu s'apprêtait à soulever la trappe lorsqu'il fut arrêté par Tarranye.


- Je ne crois pas que cela soit très prudent. Je ne suis pas venue ici pour ça! On finit le tour de la bibliothèque et on s'en va!

-Tu veux finir le tour de la bibliothèque? Mais pour chercher quoi au juste? Cette bibliothèque est immense et trouver un livre évoquant le symbole revient à chercher une aiguille dans une botte de foin! Nous ne savons
même pas par où commencer! Cette trappe, ça c'est une découverte! Un passage secret dans ce vieux bâtiment! Aller quoi! Ne me dis pas que tu n'as pas envie de savoir ce qu'il y a là-dessous!

 
- C'est justement là qu'est le problème! On ne sait pas ce qu'il y a là-dessous! On sait juste que quelqu'un est passé par là il y a quelques minutes et je ne veux pas tomber nez à nez avec cette ou ces personnes!
 
- Ce que tu peux être rabat-joie! Et peureuse par-dessus le marché! Très bien! Reste ici si ça te chante, mais moi, je vais voir!


Sur ce, Hatsu plaça ses mains dans les deux encoches et tira. La trappe se souleva facilement mais dans un léger grincement qui fit grimacer Tarranye. A leur grande surprise, une douce lumière émanait du dessous. Aucune échelle ne permettait d'accéder à cette cave. Hatsu s'assit sur le sol, plaça ses jambes dans le trou que cachait la trappe et se laissa glisser. Il resta les pieds dans le vide pendant un court instant, s'accrochant au niveau du dessus à la force des bras le temps d'évaluer à quelle profondeur se situait le sol, puis il finit par lâcher prise et atterrit dans un saut calculé, accroupit, appuyé sur ses deux mains afinde garder l'équilibre. Sa chute avait provoqué un bruit sourd et Tarranye avait poussé un petit cri de peur. Elle se pencha au-dessus de l'ouverture à la recherche de son compagnon et appela en chuchotant.

- Hatsu? Tout va bien?


- ...

Hatsu finit par se redresser lentement et Tarranye poussa un soupir de soulagement. Puis il observa l'environnement.

- Bon sang Tarra, tu devrais venir voir ça!

- Hors de question que je descende là-dedans! Jet'ai dit que je ne voulais pas rester! Allons nous-en!

-Tarra, fais-moi plaisir, ferme-la et descend! Je t'assure que ça vaut le coup d'oeil!

Vexée,Tarranye hésita un instant, puis, vaincue par la curiosité, elle finit par se laisser glisser sur le sol à son tour en grommelant.

- C'est une très mauvaise idée! S'il nous arrive quoique ce soit, tu seras le seul responsable!

- Mais oui, c'est ça! Répondit Hatsudans un sourire moqueur.

Puis, saisissant les jambes de sa compagne, il l'aida à atteindre le sol. Tarranye put alors découvrir non pas une cave comme elle s'y était attendue, mais un couloir étroit richement tapissé. Quelques meubles de belle facture étaient disposés tout le long et des lampes dispensaient une douce lumière à l'ensemble. Tarranye resta muette de stupeur face à tant de bon goût et de délicatesse.

- Mais où somme-nous donc?
Demanda-t-elle interloquée.

- Je n'en sais fichtrement rien. Répondit Hatsu. Mais maintenant que nous sommes ici, faisons le tour du propriétaire.
Tarranye leva les yeux au ciel.

- Je ne sais pas pourquoi je me doutais que tu n'allais pas vouloir en rester là.


Ils avancèrent prudemment, prenant le temps d'admirer la richesse des lieux.





Edité par Pampulilu

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

27 juillet 2017 à 18:21 Pampulilu      
6. Disparition(Troisième partie)

- Elfenn m'a dit un jour que ce bâtiment est en fait un ancien hôtel particulier des comtes Von Engel. Crois-tu que tout ceci leur appartenait? Demanda Hatsu.

- Peut-être, oui. Répondit Tarranye. Après tout, Varel Prescard, le fondateur du Cercle, était très proche de la famille Von Engel à ce qu'il paraît.

Ils parvinrent au bout du couloir ; ce dernier continuant sur la gauche, ils poursuivirent leur progression et découvrirent cinq portes. Leur instinct les conduisit directement à celle qui fermait le couloir et se trouvait face à eux.

Tarranye colla l'oreille sur la porte.

- Pas de bruit. Chuchota-t-elle.

Elle tourna la poignée lentement tout en se demandant ce qu'elle fabriquait ici, ce qui la poussait à vouloir absolument savoir ce qu'il y avait au-delà de cette porte. Hatsu, lui, attendait qu'elle ouvre, tout excité par la situation dans laquelle ils s'étaient retrouvés tous les deux, dans ce vieux bâtiment plein de surprises dont ils exploraient un endroit, il en était certain, inconnu de la majorité des Gardiens et sûrement d'Elfenn elle-même!
 
La portes'ouvrit sur un petit salon à la décoration chaleureuse mais sobre. Un sofa agrémenté de coussins moelleux était adossé contre le mur qui leur faisait face ; au sol se trouvaient de beaux tapis aux couleurs chaudes. Le reste du mobilier se composait d'une petite table et de quelques étagères sur lesquelles étaient disposés divers objets : une petite statuette en pierre représentant
une femme en robe longue, une sculpture en bois poli, des cailloux de différentes formes et différentes couleurs et des petites boîtes en bois. Tarranye souleva le couvercle de l'une d'elle.

- Du sable?

- Il y a de la terre rouge dans celle-ci.
Répondit Hatsu qui avait ouvert une autre boîte.

- Etonnant... A quoi bon conserver du sable, de la terre et de vulgaires cailloux?


- Hum... Des souvenirs peut-être?


Tarranye regarda Hatsu amusée.

- Drôles de souvenirs!


Ils se mirent à pouffer tous les deux, s'imaginant le nombre de boîtes remplies de bric-à-brac qu'ils pourraient conserver chez eux s'ils ramenaient de chaque expédition quelque chose d'aussi insignifiant qu'une poignée de sable ou un caillou.
 
Le mur droitétait en son centre caché par un lourd rideau. En le soulevant, ils trouvèrent un accès vers une autre pièce. Il s'agissait d'une chambre. Un petit lit était calé contre le mur avec à sa tête une table de nuit sur laquelle se tenait une petite lampe. De l'autre côté, il y avait un piano droit en bois clair que Tarranye vint effleurer du bout des doigts.

- Tarra! Regarde ça! S'écria Hatsu.

Tarranye se tourna vers le mur que regardait Hatsu.

- Incroyable.
Murmura-t-elle.

- Il doit s'agir de sa mère...

- La ressemblance est frappante en tout cas!

Ils se tenaient face à une peinture à l'huile représentant un homme debout derrière une chaise. Et ce qui retenait à ce point leur attention, c'était la jeune femme assise sur cette chaise. Ses cheveux bruns réunis dans un chignon dont quelques mèches folles retombaient en boucles souples de part et d'autre de son visage, ses yeux sombres pailletés d'or, sa petite bouche aux lèvres pleines
esquissant un doux sourire. Elfenn!
 
Sauf qu'il était absolument impossible que ce soit elle, car Elfenn était une toute jeune femme d'une vingtaine d'années à peine et que ce portrait avait visiblement plus de cinquante ans!

- C'est bien Varel Prescard, n'est-ce pas?
Demanda Hatsu.

- Il me semble que oui. Répondit Tarranye. Jene l'ai croisé qu'une seule fois avec mes parents, mais je n'étais qu'une toute petite fille et c'était déjà un vieillard. Sur ce portrait, il est encore assez jeune.

- Regarde comme il pose sa main sur son épaule... Crois-tu...


- Elfenn, fille de Varel Prescard?Interrompit Tarranye interloquée.

- Et pourquoi pas? Elfenn ne parle jamais d'elle, de sa famille, de ses racines. Nous ne savons rien à ce sujet. Mais ce portrait... Enfin, la ressemblance est trop frappante pour qu'il s'agisse d'une simple coïncidence!

- Les parents d'Elfenn...

Ils en étaient là de leurs réflexions lorsque la porte s'ouvrit. Un silence pesant régna alors dans la pièce. Tarranye et Hatsu restaient figés sur place tandis qu'Elfenn jugeait la situation. Puis elle finit par poser au sol l'objet encombrant qu'elle portait à bout de bras.
 
Tarranye et Hatsu regardèrent alors l'objet en question. Il s'agissait d'un coffre en métal blanc décoré de... Hatsu prit le bras de Tarranye et attira son attention sur les symboles ciselés sur la surface du coffre.
 
Alors, ils le virent, ils levèrent les yeux vers Elfenn et à l'expression de son visage, ils comprirent qu'ils s'étaient trompés...


7. Départ.

Elfenn plongea les mains dans la bassine d'eau fraîche et s'aspergea généreusement le visage. Puis elle s'épongea avec le linge propre posé sur le dossier de sa chaise. Elle revêtit une robe simple, dans les tons roses, releva ses cheveux et les rassembla en chignon désordonné.

Elle se dirigea ensuite vers le coin de sa chambre. Elle ramassa les vêtements qui jonchaient le sol, les plia soigneusement et les plaça dans une malle. Elle posa par-dessus un disque de sorcier ainsi qu'une jolie broche en forme de papillon de confection elfique. Elle referma la malle et la scella avec un lourd cadenas. Puis elle s'accroupit afin de relever une lance qu'elle cala entre la malle et le mur.

Ayant fait cela, Elfenn s'agenouilla devant le coffre en métal blanc. Elle l'effleura lentement de la main, toucha du bout des doigts les motifs ciselés, s'attardant sur l'un d'eux en particulier. Ses yeux s'embuèrent de larmes qu'elle peina à contenir.
 
Elle se sentait complètement démunie, dépassée, mais elle avait une mission à remplir et elle ne pouvait souffrir que quelqu'un se mette en travers de son chemin. Elle voulait savoir, elle en avait besoin, c'était devenu viscéral!

Sauf que seule, elle ne pouvait rien faire. Varel et Alastor l'avaient appris à leur dépend il y a bien longtemps. Elle releva le visage et regarda le tableau qui ornait le mur de sa chambre.

- Varel... Murmura-t-elle.

A lui aussi elle n'avait pu s'empêcher de faire du mal!

Puis son regard glissa vers la jeune femme assise dos à lui, vers ses yeux graves et son doux sourire.

Elle se détourna brusquement du portrait, se dirigea vers le mur à la gauche de son lit, fit jouer l'une des grosses pierres du bas jusqu'à ce qu'elle se déchausse du reste du mur. Elle poussa alors le coffre à l'intérieur de la cavité qui se trouvait là et replaça la pierre. Puis elle quitta la pièce.

Elle remonta dans le bâtiment principal, dans cette bibliothèque qu'elle affectionnait tant et où elle avait échoué un demi siècle plus tôt. Il lui restait une chose à faire avant de partir.
 
Elle emprunta un des escaliers circulaires et grimpa jusqu'au second étage. Elle avança de quelques pas et compta jusqu'à cinq en partant de l'étagère du bas. Il était là. Un gros livre d'aspect ordinaire avec une couverture en cuir rendue poisseuse par le poids des ans et la poussière.
 
Elle sortit le livre délicatement et tendit la main dans l'espace laissé vide. Elle ne tarda pas à sortir un gros rouleau de cuir dont elle ota la capuchon. Elle resta figée quelques instants puis finit par pencher le rouleau en avant, faisant glisser un parchemin dans sa main. Elle laissa le rouleau de cuir tomber sur le sol. Après tout, quelle importance maintenant que sa décision était prise. Elle redescendit au rez-de-chaussée avec le parchemin et se planta devant le buste en bronze de Varel.

- Que les choses soient claires!
Dit-elle en fixant la statue dans les yeux. Je me fiche pas mal de ce qui peut leur arriver! Mais je leur laisse la chance que je ne t'ai pas laissé. A présent, nous sommes quittes.

Elle plaça le parchemin devant le buste. Elle tourna les talons et s'en fut de la bibliothèque sans un regard en arrière.
 
La Fédération recherchait toujours des volontaires pour partir sur cette nouvelle île qui était apparue entre Arun et Shara. Elle avait décidé de s'engager. Après tout, peut-être qu'elle les retrouverait là-bas?

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28 juillet 2017 à 20:03 Pampulilu      
Il n'est pire eau que l'eau qui dort.


1. L'habit ne fait pas le moine.

Elle avait ce désir ancré au plus profond d'elle-même, ou plutôt cette obsession qui grandissait de jour en jour et qui menaçait de faire
exploser sa tête! Il fallait que cela sorte, coûte que coûte!

Elle ramassa le caillou resté au sol et le tint entre son pouce et son index pour admirer sa couleur et sa forme. Qui aurait cru que ce
gros lourdaud donnerait un cœur! Elle glissa son trophée dans la petite bourse qu'elle portait autour de la taille et dévala la pente en direction de la ville.

En passant devant un amas de buissons, elle ralentit et réfléchit un instant. Non, avec les préparatifs de l'anniversaire, mieux valait passer par l'entrée principale. Elle poursuivit donc son chemin vers la porte nord et pénétra dans la cité. Le bruit et les odeurs l'assaillirent violemment et elle sentit une vague nauséeuse lui brûler le gosier. Il fallait faire vite. Fixant le sol, elle
s'exhorta au calme puis se dirigea rapidement jusqu'à la bibliothèque.

En apercevant l'entrée au centre de la rue, elle pressa le pas! Enfin! Elle avait besoin de calme et seul le bruit de l'eau pouvait l'apaiser à cet instant. Cependant, passé le mur d'enceinte, elle trouva des piles de cartons devant la porte laissée grande ouverte ainsi que des chaises abandonnées ça et là portant sur leur dossier des guirlandes colorées.

Elfenn leva les yeux au ciel. Encore un coup de cette pimbêche! Elle avait vraiment fait les choses en grand!

La pimbêche en question ne tarda pas à apparaître suivie d'une armée de mâles hypnotisés par ses grands yeux violets et prêts à obéir à la moindre de ses injonctions. Sa longue chevelure soyeuse laissait flotter dans l'air un parfum de violette et elle portait, comme à son habitude une robe près du corps laissant peu de doute quant à sa plastique parfaite.

Oana Lanbry d'Essenia se disait baronne et issue d'une des plus vieilles familles nobles elfiques d'Arborea. Personne jusqu'à présent
n'avait osé mettre en doute sa parole. Il faut dire que lorsqu'elle se présentait, Oana avait une façon d'appuyer sur la particule de son nom qui ne laissait aucune place à discussion. Avec cela, elle possédait une arme redoutable qui mettait tout le monde à ses pieds et en particulier la gente masculine : elle était le charme personnifié. La moindre parole qui franchissait ses lèvres était mielleuse, le moindre de ses gestes était empli de grâce. Cependant, comme souvent, l'apparence était trompeuse. Calcul, faux-semblant, hypocrisie, telles étaient les véritables "qualités"de la haute-elfe. Elfenn les avait décelées dès le départ.

Lorsqu'elle l'aperçut dans l'allée, Oana plaqua un sourire de circonstance sur ses jolies lèvres pleines et avança gracieusement jusqu'à
Elfenn.

- Ah Elfenn! Tu tombes à point nommé! Nous entamons la décoration du jardin et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Je ne doute pas que...

- Je n'ai pas le temps! Coupa Elfenn.

Mais Oana n'était pas du genre à lâcher prise aussi facilement. Penchant la tête sur le côté, elle battit des cils et enchaina :

- Oui, bien sûr. Fais ce que tu as à faire. Tu nous rejoindras lorsque tu auras un moment. Un œil critique est toujours appréciable
et je souhaiterais que tu donnes ton avis sur le résultat final une fois que tout sera terminé.


Adoptant les mêmes subterfuges aguicheurs que sa compagne,Elfenn grimaça un sourire et répondit d'une voix hautaine :

- Oui, certainement, je serais ravie de pouvoir aider dans une moindre mesure.


- Formidable! S'exclama Oana. Elle tourna les talons et fit signe à l'un des ouvriers qui se tenait non loin. Ce dernier accourut avec deux tréteaux en bois peints en blanc et les plaça d'autorité sur les bras d'Elfenn. Surprise, cette dernière tituba sous le poids inattendu de sa charge. Le lien qui retenait sa bourse se dénoua, cette dernière tomba au sol et le caillou qu'elle abritait se mêla aux graviers de l'allée émettant un léger tintement. Jetant un regard mauvais à l'homme qui l'avait ainsi chargée, elle chercha des yeux son trésor, mais c'était sans compter sur Oana qui, s'étant légèrement retournée, lui demanda  de sa voix doucereuse :

- As-tu perdu quelque chose?

- Non, rien, répondit précipitamment Elfenn.

- Dans ce cas, et comme je suppose que tu pars te réfugier près de ta fontaine, tu ne verras pas d'inconvénient à poser ces tréteaux dans le jardin. Nous devons monter des tables pour installer le buffet.

Elfenn ne souhaitait pas attirer l'attention sur cette petite manie qu'elle avait de toujours avoir un caillou, du sable ou de la terre dans ses poches, surtout qu'elle savait qu'Oana avait remarqué cette habitude et l'épiait de temps à autre. De plus, elle était pressée d'avoir enfin la paix. Elle retournerait plus tard récupérer son caillou. Remontant sa charge sur ses bras, elle grimpa les quelques marches de l'entrée de la bibliothèque et se dirigea vers le jardin.


Edité par Pampulilu

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30 juillet 2017 à 16:48 Pampulilu      
2. Désir n'est pas volonté.

Elle inspira un grand coup, emplissant ses poumons de l'air frais légèrement humidifié par l'eau jaillissant de la fontaine toute proche.

Après quelques instants, elle finit par faire abstraction des allées et venues des ouvriers, de leurs coups de marteaux et de leurs gros rires d'hommes. Oana, quant à elle, avait disparu, et c'était un réel soulagement pour Elfenn. Ainsi, elle était libre de faire... Ce qu'elle avait à faire.


Elle ouvrit le gros livre qu'elle avait été chercher quelques minutes plus tôt afin de lui servir de support, prit une feuille de papier blanc et la positionna par-dessus. Puis, fermant les yeux un instant, elle laissa le souvenir remonter en elle insidieusement. Plus elle y pensait, plus la scène prenait vie dans sa mémoire. Tout se reformait distinctement, les objets, les odeurs, les voix. Elfenn en eut le tournis. Elle avait l'impression de se noyer dans ce flot d'informations. Afin de reprendre le contrôle, elle inspira une grande goulée d'air frais. Saisissant un crayon, sa main commença lentement à tracer des lignes grisâtres sur le papier. Elle entra dans une sorte de transe. Elle noircissait, effaçait, estompait et peu à peu, les lieux renaissaient sous ses doigts.

Lorsque sa main lâcha le crayon, elle ne savait combien d'heures elle était restée penchée sur son travail. Reprenant peu à peu ses esprits, elle fixa le dessin qu'elle venait de faire. Ses yeux se voilèrent de larmes et un râle de désespoir s'échappa de sa gorge sèche.

Elle se leva brusquement, s'agrippa à la margelle de la fontaine pour retenir l'évanouissement qui menaçait de l'emporter, puis, plongeant ses mains dans l'eau claire, s'aspergea généreusement le visage.

Elle était dans une impasse. Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait ce besoin irrépressible de dessiner cet instant, mais elle savait que les démons qui la hantaient n'auraient de cesse de la harceler tant que ce ne serait pas fait.

Or, elle en était incapable!

Baissant les yeux sur les objets qu'elle avait laissés au sol, Elfenn sentit un accès de rage l'envahir. Elle saisit le dessin qu'elle froissa entre ses mains et lança la boule de papier ainsi formée quelques mètres plus loin.


Inutile de se fatiguer. Elle ne parviendrait à rien de bon tant qu'elle ne saurait pas comment s'y prendre exactement. Elle ramassa les objets qui jonchaient le sol et s'en alla d'un pas décidé, ignorant souverainement les ouvriers qui l'observaient du coin de l'oeil au fur et à mesure de sa progression. Les portes de la bibliothèque se refermèrent sur elle.

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31 juillet 2017 à 10:29 Pampulilu      
3. Nécessité n'a pas de loi.

Elle observait son manège depuis un moment déjà. La main de la castanic voltigeait sur le carnet, traçant d'un geste assuré courbes et lignes. Un visage ne tarda pas à émerger, regard décidé, pommettes hautes, menton volontaire. Cela faisait mal à Elfenn de le constater, mais il fallait bien l'avouer, cette castanic était diablement douée.

Son visage lui disait quelque chose. Elle l'avait déjà croisée, mais où?

L'idée qui commençait à germer dans son esprit ne lui plaisait pas du tout. Elle n'avait pas pour habitude de demander de l'aide, encore moins à une vulgaire "cornue", mais dans l'état actuel des choses, elle n'entrevoyait pas d'autre solution à son problème.


- C'est pas trop mauvais pour un gribouillage! Lança-t-elle d'un ton désinvolte en direction de la castanic.

La créature leva les yeux de son carnet et la détailla des pieds à la têtede son regard insolent. Elfenn résista avec difficulté à l'envie soudaine qu'elle avait de lui tordre le cou. Sa main commençait déjà à la picoter, ce qui ne présageait rien de bon.

Malgré le regard mauvais d'Elfenn, la castanic continua tranquillement son inspection. Maudite cornue! Songea Elfenn. De toutes les créatures peuplant Arborea, les castanics étaient bien celles qu'elle détestait le plus. L'affaire n'allait pas être simple à conclure.


Allons, se dit Elfenn en son for intérieur, tu as besoin de cette cornue!Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, elle plaqua un sourire de circonstance sur ses lèvres.

- Comment fais-tu? Demanda-t-elle enfin.

Mais décidément, la castanic ne semblait pas disposée à faire le moindre effort d'ouverture et la fixait du regard comme si elle souhaitait sonder son âme. Elfenn vivait cette situation comme une agression. Mal à l'aise, elle s'apprêtait à tourner les talons quand la castanic répondit :


- Et pourquoi souhaites-tu le savoir?

Elfenn sentit un imperceptible soulagement l'envahir, suivi par un souvenir lointain. Cette voix... Un timbre grave, chaud. Elle se laissa emporter quelques semaines en arrière. Une chaleur étouffante, une petite ville perdue au milieu du désert, cette sensation de soif insoutenable. Gorge brûlante, lèvres sèches, elle avait atterri dans cette taverne à Chebika face à ce popori
qui n'entendait rien à rien. Gros lézard irrévérencieux, elin agaçante, humain aux cheveux clairs donneur de leçons... Et enfin cette chevelure bleutée d'où émergeaient deux cornes.


Elle faisait partie de ce drôle de groupe attablé à l'entrée. Oui, elle se souvenait à présent et elle revoyait la jeune femme rousse à la recherche de son père qu'elle avait bien failli...

Elfenn reprit brusquement pied avec la réalité. N'obtenant pas de réponse,la castanic était retournée à son occupation.

- Je veux apprendre!


Raide comme un piquet, les bras plaqués le long du corps et les poings serrés, Elfenn tentait comme toujours de se maîtriser.

La castanic haussa dédaigneusement un sourcil.

- Tu "veux", vraiment? Et ne t'a-t-on pas appris que l'on n'obtient pas toujours ce que l'on désire, surtout demandé ainsi!


Mauvaise méthode... Décidément, cette castanic était de loin la plus irritante de son espèce! Pire que Beith et ses ongles vernis de rose, c'était peu dire! Et quel air hautain! il y avait presque un soupçon de haut-elfe dans ces yeux-là! Mais pour qui se prenait-elle donc? Elle allait lui montrer ce qu'il en coûtait de s'adresser ainsi à... Elfenn enfonça ses ongles dans la paume de sa main si fort que leur marque resta imprimée dans sa chair. Elle devait à tout prix se ressaisir si elle voulait parvenir à ses fins.

- Montre-moi! Insista-t-elle.

- Et pourquoi me donnerais-je cette peine?

L'étriper lentement, lui arracher les yeux, lui faire bouffer ses maudites cornes! Non, non! Respire calmement, c'est ça, plus lentement. Surtout, ne pas perdre le contrôle.

- Tes dessins sont très beaux et j'aimerais vraiment apprendre à dessiner comme ça moi aussi.

Et voilà, un peu de pommade dans le dos. Cette petite peste finirait bien par se laisser amadouer. Mais la castanic ne céda pas.

- Pourquoi souhaites-tu apprendre?

- Parce que ça m'intéresse.

Et je n'ai pas à me justifier auprès d'une vulgaire cornue, rajouta Elfenn in peto.

- Ce n'est pas une raison suffisante. Je n'apprends pas le dessin à n'importe qui.

Un éclair meurtrier passa l'espace d'une seconde dans le regard d'Elfenn. Par tous les dieux, cette castanic méritait vraiment qu'on la remette à sa place! Si elle n'avait pas eu si besoin d'elle, ce serait chose faite depuis longtemps!

- Je voudrais apprendre à dessiner des paysages.C'est pour un ami qui est malade. Est-ce une raison assez valable à tes yeux?

Ce n'était qu'un demi-mensonge. La castanic le décela peut-être. Toujours est-il qu'elle finit par capituler. Elle tendit un carnet à Elfenn.

- Tiens! Tout est noté là-dedans! Tu y trouveras différentes techniques. Tu n'as plus qu'à t'entrainer. Ne le perds pas et ramène-le moi en bon état quand tu auras fini!

- Oui, oui, merci.

Elfenn s'apprêtait à partir, pressée d'en finir, quand la castanic l'interpella à nouveau.

- Eh! Une minute! Il faudrait peut-être que tu me donnes ton nom.

Elle fixait Elfenn de son regard perçant. Cette dernière fut à deux doigts de lui mentir mais se ravisa.

- On m'appelle Elf, lâcha-t-elle du bout des lèvres. Au besoin, demande"la conteuse" à Velika.

La castanic ne fit pas de commentaires.

- Et toi? Demanda Elfenn

Pour toute réponse, la castanic haussa les épaules et dit :

- Préviens-moi quand tu auras fini et fais attention à mon carnet!


Exaspérante cornue! Très bien, elle pouvait bien garder son nom pour elle après tout. Peu importait. Elle avait entre les mains la solution à ses soucis. Elle glissa le carnet dans sa besace et incanta son retour pour Velika.

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02 août 2017 à 20:48 Pampulilu      
3) GW2 : BG d'Avheel

L'énigme de la Triade.

"Fini!" S'exclama Merilia bras tendus vers sa toute dernière composition florale. "Alors, qu'en penses-tu?"

"Hum, très joli", marmonna Ahveel. Sourcils froncés, elle était concentrée sur un point du sol non loin. Merilia sentit soudain la terre trembler et aperçut quelques phalanges humaines sous forme d'os décharnés sortir du sol pour disparaître aussitôt. S'ensuivit le bruit d'un pot brisé. Encore une fois, sa toute dernière création n'avait pas survécu aux entrainements désastreux de son amie nécromante.  Merilia poussa un soupir de dépit et s'accroupit pour ramasser les dégâts.

- Tu ne l'as même pas regardé! Reprocha-t-elle à Ahveel.

- Bien-sûr que si! Dominante orange, quelques touches de jaune et un soupçon de blanc pour adoucir le tout. Et les verts du
feuillage étaient magnifiques! C'était parfait, comme d'habitude!
Répondit Ahveel tout en se concentrant à nouveau sur le sol.

- Oui, c'était! Soupira Merilia.Sentant encore la terre trembler  sous ses pieds, elle s'exclama : "Bon sang Avy! Ne pourrais-tu pas faire une pause quelques minutes? Ou travaille un autre sort en ma présence s'il te plaît! Ces squelettes me donnent la nausée!" Devant l'air outré de son amie Merilia crut bon d'ajouter : "Ce que tu fais est dégoûtant!"

- Mes nonos sont très propres! S'indigna Ahveel.

- Il n'y a rien de propre dans ce que tu fais sortir de là-dessous! Renchérit Merilia. Je ne comprendrai jamais pourquoi tu t'échines à vouloir absolument maîtriser ce sort! Ce tas de cadavres qui émerge d'un coup… Brrrrrr! Et en plus, ça pue!

- Mes nonos ne puent pas! Cria Ahveel.

- Oh que si ils puent! Ces trucs dégagent une odeur pestilentielle quand…

- Coucou les filles!

- Ah ben tiens! Lui, il pue! S'exclama Ahveel en désignant d'un jet de la main l'asura qui venait de les rejoindre dans le jardin.

- Eh! J'ai pris une douche ce matin! S'exclama l'asura tout en reniflant bruyamment ses aisselles.

Ahveel fronça les narines tout en le regardant faire et prit une mine dégoûtée. Puis elle se saisit d'une chaise sur laquelle elle se laissa choir brutalement à l'envers, bras croisés sur le dossier, menton calé sur les mains.


Elle était si avachie que ses fesses se trouvaient à moitié dans le vide,accentuant une cambrure naturelle déjà très prononcée mise en valeur par sa mini jupe à froufrous indécente dévoilant ses longues jambes halées et musclées. Ses cheveux noirs retombaient jusqu'au milieu de son dos en une masse lisse et brillante. Elle arborait une petite moue boudeuse tout en toisant de ses yeux maquillés du masque de démon propre à une partie des nécromants l'asura qui se tenait devant elle.

- Alors? Demanda-t-elle soudain.

L'asura se rapprocha lentement et s'éclaircit la gorge avant de répondre :

- Alors pour le moment, je n'ai aucune information précise. Nous y travaillons, mais je pense que ça va prendre du temps. Le
système de fermeture est assez sophistiqué. Nous n'avions jamais vu ça auparavant. Nous pensons que les symboles gravés sur le couvercle constituent une des clés de l'énigme mais aucun de nous n'a réussi à les traduire jusqu'à présent.


- En clair, nous ne sommes pas plus avancés! Maugréa Ahveel.

- Dis-donc, "miss je ne suis jamais contente", si tu penses pouvoir résoudre l'énigme mieux que nous, alors pas de soucis, tu peux venir récupérer ta vieille boîte!

Le regard de la jeune humaine se voila. Elle ouvrit la bouche et une mélopée lancinante sortit d'entre ses lèvres qui pourtant ne bougeaient pas. La terre trembla et une bête immonde sortit du sol dans un fracas assourdissant. Ses énormes yeux globuleux roulaient dans tous les sens et de gros filets de bave dégoulinaient de sa grande bouche aux mâchoires imposantes.

L'asura partit se réfugier en vitesse dans les jupes de Merilia, manquant la faire tomber dans sa précipitation.

- Hé Hatsu! Doucement! Lui lança cette dernière. Puis elle lança un regard sévère à Ahveel. Avy! As-tu besoin de sortir cette chose à chaque fois que tu es contrariée? C'est un peu démesuré comme réaction, ne crois-tu pas?

Elle n'obtint pour toute réponse qu'un haussement nonchalant des épaules de la part de l'humaine.

- Avy, s'il te plaît! Ank fait peur à Hatsu!

Après quelques secondes qui parurent durer une éternité à l'asura, Ahveel cria un ordre au monstre qu'elle avait fait apparaître.

- Au pied Ank!

La monstrueuse bête s'approcha docilement de sa maîtresse en flottant au-dessus du sol et se tint sagement à ses côtés.

- Parce que cette chose a un nom? Cria Hatsu en s'écartant précautionneusement de Merilia.

- Oui, soupira Merilia. Il s'appelle Ankou. C'est... L'animal de compagnie d'Avy, dit-elle en grimaçant.

- Peuh! Cracha Hatsu. Tu ne peux pas prendre un chien comme tout le monde?

Devant le haussement de sourcil mauvais d'Ahveel, Hatsu baissa immédiatement le ton.

- Ok, chacun fait comme il veut après tout!

- Ank est très gentil! N'est-ce pas mon bébé? Dit Ahveel en caressant la peau visqueuse de son monstrueux animal de compagnie.
L'immonde bestiole se mit à ronronner de contentement sous la caresse de sa maîtresse.


-C'en est trop pour moi! Lança Merilia. Viens Hatsu, laissons Avy et Ank .J'ai fait tes biscuits préférés, ils sont encore tout chauds.

Hatsu suivit Merilia de bonne grâce. Avant qu'ils n'entrent dans la petite maison de campagne Ahveel lui cria :

- Et trouve-moi rapidement comment on ouvre cette boîte Hatsu!

Son visage s'assombrit et elle murmura plus pour elle-même que pour ses deux compagnons qui s'étaient éloignés. "Je ne plaisante pas, le temps nous est compté".

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04 août 2017 à 21:03 Pampulilu      
Le soleil éclaboussait les collines de ses rayons ardents. Les oiseaux pépiaient gaiment, les papillons dansaient de fleur en fleur dans un gracieux ballet aérien. Un groupe d'enfants arriva en courant ; ils riaient aux éclats en chantant une comptine. Toute la Kryte semblait en fête. Et plus Ahveel progressait sur la route et constatait l'allégresse ambiante, plus elle devenait maussade.
Elle n'avait toujours aucune nouvelle des asuras concernant le petit coffret qu'elle leur avait confié et s'il y avait bien une qualité qu'Avheel ne possédait pas, c'était la patience! Et ses méthodes quelque peu expéditives faisaient d'elle l'initiée la plus
prometteuse de l'Ordre des Soupirs.
Elle marchait d'un pas décidé. La fermière lui avait dit de descendre le chemin et de tourner sur la droite après l'arbre creux. Depuis quelques temps, une bande de malfrats opérait dans la région empoisonnant la vie des villageois des alentours. Botter les derrières de ces brigands serait un bon défouloir. Oh oui! Et Ahveel avait bien besoin de passer ses nerfs sur quelques brigands!
Toute à son impatience, elle mit quelques instants à percevoir les cris d'un individu non loin de là. Enfin un peu d'action! Songea-t-elle en se précipitant vers l'endroit d'où la voix semblait provenir. Elle ne mit pas longtemps à tomber sur la personne en question, et ce de tout le poids de sa petite personne. En effet, l'homme, puisqu'il s'agissait d'un humain, lui avait foncé droit dessus et, se prenant les pieds dans son bâton, avait chu lourdement sur le sol entraînant Ahveel avec lui.

- Par Grenth! S'exclama-t-elle! Bas les pattes espèce de malotrus!

- Je veux bien mais…

- Vous n'êtes qu'un goujat! Un voyeur! Un obsédé! Hurla-t-elle en se relevant tant bien que mal et en tirant frénétiquement sur les volants de sa jupe afin qu'ils couvrent ses jambes. En vain puisqu'elle s'obstinait à ne porter que des jupes dont la longueur était à la limite de ce que la morale autorisait.

- Et bien! Répondit l'inconnu imperturbable en tentant de se redresser malgré la lourde armure qui encombrait ses mouvements. C'est la première fois que l'on me gratifie d'un tel chapelet d'épithètes douteux lors d'une première rencontre!

Ayant dit cela, il étira ses lèvres en un sourire charmeur découvrant une rangée de dents blanches.

- Cela vous amuse? S'indigna Ahveel.

Serrant les poings de rage, elle se mit à incanter le sort qu'elle maîtrisait le mieux. La terre se mit à trembler et une sorte de brèche s'ouvrit dans un vacarme assourdissant. Une monstrueuse bête ne tarda pas à en sortir et vint se placer au dessus de l'homme, pétrifié
par ce spectacle auquel il n'était visiblement pas habitué. Un long filet de bave verdâtre coula des grosses babines du monstre jusque sur le plastron du bel inconnu.


- Ank! Pas bouger! Ordonna Ahveel.

- Cette chose vous appartient? Demanda l'homme d'une voix rendue tremblotante par la peur.

- Je surveillerais mes paroles si j'étais vous! Ankou est très susceptible! Rétorqua Ahveel, enjouée d'avoir réussi à faire perdre un peu de sa superbe à l'inconnu.

- Ecoutez, balbutia l'homme, je ne voulais pas vous fâcher, je vous assure.

- Il va falloir vous montrer plus convainquant! S'amusa Ahveel.

- Mais vous êtes une vraie peste ma parole! S'exclama l'homme.

Il ravala rapidement la suite de ce qu'il s'apprêtait à dire face aux yeux injectés de sang que le dénommé Ankou dardaient sur son visage.


- Très bien! Je vous assure que je ne voulais pas vous faire tomber, ce n'était qu'un accident.

Ahveel haussa un sourcil et ne bougea pas d'un iota. Devant sa mine décidée, l'homme poussa un soupir.

- Je vous prie d'accepter mes excuses.

Comme Ahveel ne bronchait toujours pas et qu'Ankou menaçait de le faire s'évanouir à force de lui souffler son haleine fétide sur le visage, il insista.

- Je suis très, très sincèrement désolé.

- Au pied Ank! Lança alors Ahveel.

L'homme poussa un soupir de soulagement quand la bête rejoignit sa maîtresse en flottant au-dessus du sol. Il allait se relever quand Ahveel lui ordonna :

- Vous, vous ne bougez pas!

- Mais…

- C'est quoi votre nom? Le coupa-t-elle.

- Et bien, je me nomme Gauthier, Gauthier SansAvoir. Répondit l'homme tout en essayant de trouver une position plus confortable sur le sol. Et vous,comment vous-appelez-vous?

- C'est quoi ce nom?Enchaîna Ahveel sans répondre à la question."SansAvoir", c'est bien la première fois que j'entends un nom pareil… Vous ne semblez pourtant pas sans le sou à en juger par votre mise! Disant cela, elle observa l'armure de mailles flambant neuve de Gauthier refléter les rayons du soleil. Comme ce dernier ne trouvait rien à redire à sa remarque, elle continua : Pourquoi criiez-vous ainsi tout à l'heure?
 
- Euh… C'est-à-dire que je me suis retrouvé dans une situation assez délicate en voulant rendre service à la population locale.

- Délicate comment?

Gauthier semblait embarrassé, cependant, il répondit :

- Une bande de malfrats nous a tendu une embuscade.

- Qui nous?


- Euh… Et bien moi et quelques fermiers.

- Où sont-ils passés?

- Euh… Je ne sais pas trop… Ils sont sans doute encore à mes trousses… Nous ne devrions pas traîner dans les parages.

Ahveel haussa les yeux au ciel.

- Je ne parle pas de vos brigands de pacotille espèce de couard! Les fermiers! Où sont-ils?

- Ah ben, ils se sont enfuis dès que les brigands sont apparus.

- Et peut-on savoir combien étaient ces brigands pour que vous criiez à en alerter toute la Kryte?

- Oh!... Une bonne centaine au moins! Lança Gauthier en rivant le regard au sol.

- Pff! C'est bien ma veine! Maugréa Ahveel.

- Ah ça! Je suis bien d'accord! C'est de pire en pire! Et si je pouvais me lever afin que nous puissions nous éloigner des dangers environnants, je vous en serais très reconnaissant.

- Mais je ne parle pas de vos bandits gros peureux que vous êtes! S'exclama Ahveel excédée.C'est bien ma veine d'être tombé sur l'homme le plus timoré de toute la Tyrie!
 
- Toute la Tyrie! Vous exagérez! Répondit Gauthier.J'aurais bien aimé vous voir face à une centaine de…
 
- Une dizaine tout au plus! Le coupa Ahveel. Arrêtez de me raconter vos sornettes. Je piste ces bandits depuis trois bonnes heures!

- Euh… Et bien…

Ahveel poussa un râle d'énervement.

- C'est bon, vous pouvez vous relever et fuir vers le village le plus proche! Indiquez-moi juste l'endroit où ces idiots vous attendaient que je puisse aller leur donner la leçon qu'ils méritent!

- Si vous le permettez, je pourrais vous accompagner. Une jeune femme seule face à…

- Oh, voyez-vous ça! Il est vrai que vu les prouesses spectaculaires dont vous avez fait preuve face à ces brigands, votre aide va m'être indispensable! Railla Ahveel. Continuez donc votre route, Monsieur Sans Avoir! Vous avez votre armure à aller lustrer!

Sur ces mots, elle commença à avancer vers le nord afin de récupérer le chemin qu'elle avait abandonné quelques minutes plus tôt.

- Je vous assure que je peux vous être d'une aide précieuse. Insista Gauthier en la suivant à une distance respectueuse afin de ne pas trop s'approcher d'Ankou qui le surveillait du coin de l'œil.
 
Ahveel ne prit pas la peine de lui répondre. Elle progressait par grandes enjambées, sautant avec habileté au-dessus des arbres morts qui jonchaient le sol, poussant avec une grâce toute féminine les branches qui venaient s'accrocher à ses longs cheveux bruns.
Gauthier ne sut à quel moment Ankou le laissa progresser à la hauteur de sa maîtresse sans faire mine de vouloir le dévorer. Il ne sut pas plus pourquoi il persista à suivre cette jeune femme au sale caractère et son immonde compagnon visqueux. Toujours est-il que cela se fit et qu'ils continuèrent la route tous les trois dans le silence le plus absolu.

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07 août 2017 à 23:29 Pampulilu      
4) Wildstar : BG d'Amethys Marchal

I- Une nouvelle vie

Dans une galaxie lointaine, très lointaine...

A bord du vaisseau routier X950-12

- J'irai pas!

- Thys...

Anthea Marchal n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Sa fille, furieuse, s'était précipitée dans sa chambre et l'épaisse porte coulissante qui refermait l'espace privé lui barrait désormais le passage, coupant court à toute nouvelle tentative de discussion.

- Thea?

Anthea leva les yeux vers son mari qui venait d'entrer discrètement dans l'espace du vaisseau servant de pièce de vie. Elle se jeta immédiatement dans la chaleur réconfortante de ses bras. C'était un très joli petit bout de femme, menue, aux attaches fines, au
teint pâle et au visage en forme de cœur. Ses longs cheveux blond vénitien cascadaient en boucles souples jusqu'au milieu de son dos. Elle avaient de magnifiques yeux noisettes en amande dont l'iris se pailletait parfois de vert et d'or selon la luminosité. Elle était physiquement à l'opposé de son mari. Gareth Marchal était un colosse de près de deux mètres. Ancien militaire reconverti dans le
commerce, il avait conservé un corps d'athlète et dépassait son épouse de deux bonnes têtes. Quant à sa peau sombre, elle faisait ressortir le sourire d'une blancheur parfaite qu'il adressait à Anthéa.

- Oh Gary! Elle ne veut rien entendre!

- Allons, allons, calme-toi. Ellefinira bien par s'y faire!

Anthéa secoua la tête.

- Elle est têtue, bornée,caractérielle, intransigeante, ... Obtuse!

Son mari partit dans un éclat de rire et lui releva doucement le menton afin que leurs regards se croisent.

- Elle te ressemble beaucoup, en effet!

Anthéa prit un air faussement outragé,  lui donna une tape sur la poitrine puis soupira. En effet, sa fille lui ressemblait et le bras de fer qui s'était engagé pour lui faire accepter ce changement de vie soudain allait être difficile à remporter.

- Ne te moque pas!  Je ne sais plus quoi lui dire pour tenter de la calmer. Je me fais une telle joie d'avoir enfin un endroit bien à nous où construire une vie de famille paisible et surtout sédentaire! Une jolie maison avec un petit jardin! Un potager, des fleurs!

Ce-disant, elle fixait les  trois petits pots posés à même le sol près du poste de pilotage et où poussaient avec difficulté quelques plantes aromatiques rabougries et jaunies. Une lumière artificielle leur était dispensée par une lampe  dont l'ampoule commençait sérieusement à fatiguer. Dépitée par ce spectacle, Anthéa enchaîna :

- Je suis fatiguée de cette vie de nomade. Je suis fatiguée de ce vieux vaisseau qui tombe en ruine et qu'il faut chaque jour rafistoler en priant d'éviter la panne loin d'une base de secours! Je... Je suis fatiguée de craindre une attaque pirate à chaque mission de ravitaillement! Et par-dessus tout, je suis fatiguée de voir notre fille unique se comporter comme une sauvageonne et utiliser avec tant de désinvolture les termes de tous ces bandits qu'elle croise en ta compagnie lorsqu'elle t'aide à faire les livraisons! Je ne veux plus qu'elle t'accompagne dans ces bases spatiales mal famées! Je ne plaisante pas Gareth!

- Je sais bien, et c'est pourquoi nous serons très bientôt installés sur cette nouvelle planète. Ne t'en fais pas pour Thys, lorsque nous serons sur Nexus, elle sera tellement ravie d'avoir toutes ces nouveautés autour d'elle qu'elle se trouvera bête d'avoir fait tant de difficultés pour venir!
 
***
-  J'irai pas!

Sur cette dernière injonction, Amethys appuya rageusement sur le bouton qui verrouillait le SAS de sa chambre et s'effondra sur le maigre matelas ornant sa couchette. Toute la structure métallique du lit se mit à trembler sous son poids. Attrapant machinalement une mèche de ses cheveux châtains aux reflets cuivrés, elle se mit à la tortiller nerveusement.

"J'irai pas!"Répéta-t-elle. "Peuvent pas m'obliger!"

Une semaine plus tôt, ses parents lui avaient fait part de leur décision de cesser définitivement leur vie itinérante entre les différentes bases spatiales qu'ils avaient pour mission de ravitailler en eau, nourriture et équipements divers. Mais Thys ne l'entendait pas ainsi. Elle aimait cette vie! Être tous les jours à un endroit différent, rencontrer de nouvelles personnes de races - et de mœurs - plus ou moins étranges, aider son père à marchander, troquer. Qu'irait-elle faire coincée sur une petite planète alors qu'elle avait l'immensité de l'espace à découvrir! Quelle idée avait donc pris à sa mère! Et pourquoi son père l'appuyait dans cette décision? Ils étaient des commerçants ambulants, c'était ça leur vie! Pourquoi vouloir en changer? Elle avait des projets! La robotique, c'était son truc! Elle était douée et certaine de réussir à monter un commerce rentable dans ce domaine à sa majorité. Des robots-gardiens pour surveiller les
vaisseaux, des robots-soubrettes pour faire le ménage et dont les culottes roses à frous-frous avaient beaucoup choqué sa mère. Franchement, y'avait pas de quoi! Le mercenaire granok à qui elle avait vendu son premier exemplaire avait trouvé ça génial lui! Et même des robots-cuisiniers programmés pour préparer les mets les plus fins - euh, un truc mangeable quoi - à partir des restes de nourriture lyophilisée. Et puis, il y avait aussi son chouchou, son "robodzilla" de combat! Le nom lui était venu en repensant à cette histoire que lui racontait son père pour l'endormir. Un gros lézard de l'espace qui détruisait toutes les bases spatiales se trouvant sur son chemin... Une histoire pour gamin froussard! Ridicule! Elle avait pratiquement terminé de travailler sur le programme de mini lance-roquettes!   Elle pivota, appuya ses pieds contre la paroi sur laquelle était fixée sa couchette, le haut du corps enfoncé dans son matelas miteux, la tête renversée dans le vide. Nexus! Pfff! Une fois coincée là-bas, trouverait-elle seulement des pièces pour ses robots? Elle resta longtemps ainsi, à maudire ses seize ans, ses parents et à tenter de faire le deuil de ce vieux vaisseau-routier qui lui servait de maison depuis qu'elle était née et qu'elle allait bientôt devoir quitter. C'est ainsi qu'elle s'endormit, lassée de ressasser tous ses problèmes existentiels d'adolescente.

***

CRABADAM! KABOUM!

En une fraction de seconde,Amethys se retrouva projetée sur le sol.

- Aie! C'est quoi c'délire?!

(à suivre)

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

09 août 2017 à 19:16 Pampulilu      
Le sergent Oseus hésita quelques secondes avant d'entrer. Il bomba légèrement le torse et se lissa nerveusement la moustache pour se donner une contenance, puis  lança d'une voix peu assurée :

- L'opération s'est parfaitement bien déroulée Madame. Euh... Nous sommes prêts à aborder!


La haute et fine silhouette qui lui tournait le dos ne bougea pas. Portia savourait sa proche victoire. Enfin! Après toutes ces années de recherches, elle allait ramener cette petite écervelée aventurière à la maison! Enfin son père adoptif allait prendre toute la mesure de sa valeur! Elle avait travaillé dur pour en arriver là, elle avait gravi tous les échelons depuis le plus bas pour se voir fermer la porte au nez parce qu'elle n'était pas l'héritière légitime! Mais qu'à cela ne tienne, elle tenait sa revanche!

Issue d'une grande famille du Dominion travaillant dans l'armement militaire, Portia avait perdu ses parents très tôt dans un terrible accident. Le vaisseau sur lequel son père effectuait une visite ainsi qu'un vol de test des derniers missiles mis au point par sa société avait été pris dans un champ de météorites. Ludinia, son épouse, l'accompagnait comme souvent. Tout l'équipage avait péri.

Heureusement pour Portia, ses parents n'avaient jamais fait grand cas d'elle. Privilégiant leurs affaires à leur unique enfant, ils l'avaient éloignée et mise en nourrice dès sa naissance. Âgée de 3 ans au moment de l'accident, Portia avait été recueillie dans la famille de son oncle Lothaire qui avait une fille du même âge qu'elle, Anthéa. Un an plus tard et malgré les réticences de Livia, son épouse, Lothaire avait adopté Portia, assurant à la petite fille stabilité et richesse mais malheureusement toujours aussi peu d'amour parental.

Par chance, il y avait Anthéa! La blonde Anthéa avec ses longs cheveux bouclés et ses yeux d'or! Portia se sentait tellement insignifiante à côté de la beauté éblouissante de sa cousine. Elle aussi avait de longs cheveux, mais raides et d'un noir d'encre. Quand à son regard, il était gris acier, ce qui lui donnait un air froid et dur qui lui avait au moins servi à se faire respecter plus tard dans sa carrière professionnelle.  Malgré leurs différences tant du point de vue physique que du caractère, les deux petites filles étaient très
vite devenues inséparables. Elle se complétaient parfaitement. Au tempérament impétueux, extraverti  et  frondeur d'Anthéa, répondait le calme, la sagesse et l'esprit plus réservé et réfléchi de Portia. Aussi, il n'était pas rare que cette dernière doive redoubler d'imagination afin de couvrir les nombreuses frasques dont sa sœur se rendait coupable, entre sortie non autorisée, école buissonnière ou rendez-vous galant secret.

Oui, Portia s'était pleinement dévouée à Anthéa, la seule personne de sa famille à ne pas l'avoir considérée comme une pièce rapportée de peu d'importance, la seule aussi à lui avoir offert un peu de chaleur et d'amour fraternel... Mais tout s'était terminé
brusquement quelques mois après leur seconde année d'études à l'Ecole militaire.

Portia se préparait à devenir ingénieur en études et techniques d'armement, titre qui, elle l'espérait,  lui ouvrirait les portes d'une haute fonction au sein de l'entreprise familiale dont son père adoptif avait repris les rennes à la mort de son frère. Quant à Anthéa, fidèle à son tempérament aventurier et téméraire, elle étudiait le pilotage des vaisseaux les plus pointus en matière de technologie de la flotte impériale. Douée et motivée, elle était promise à un brillant avenir au sein de l'escadron de chasse du Dominion.
Cependant, Anthéa supportait mal l'autorité, le respect des règles communautaires, les couvre-feux. Elle se confiait souvent à Portia quant à son besoin de liberté et, chose parfaitement inacceptable pour une cassienne, ne comprenait pas les discours des professeurs à propos de la grandeur de leur peuple, de l'allégeance à l'Empereur, du rôle important qu'elle serait amenée à jouer pour que le Dominion conserve son emprise sur le reste des petits peuples insignifiants de l'univers. C'était devenu un sujet de discorde entre les deux sœurs, car Portia, elle, se sentait parfaitement en accord avec les préceptes qui leur étaient inculqués.

"Ne sois pas sotte!"Avait-elle pris l'habitude de lancer à Anthéa lorsque cette dernière se laissait aller à trop de pleurnicheries.

Mais un beau jour  Anthéa avait disparu au cours d'un exercice de vol avec sa classe. Les premières heures, Portia était restée confiante. Sa soeur avait beau être douée, on la ramènerait vite de sa fugue infantile... On avait longtemps cherché son petit vaisseau, en vain. A 18 ans, Portia s'était donc retrouvée seule. Envolée sa source de réconfort, envolée sa confidente, sa seule amie. Oh, elle se doutait bien qu'Anthéa allait parfaitement bien, elle connaissait depuis longtemps sa soif d'aventures, de découvertes, son envie de
voir le monde. Et surtout, sa sœur n'avait pu se résoudre à la quitter sans lui laisser un petit souvenir, une mèche de ses cheveux dorés soigneusement disposée à l'intérieur d'un petit médaillon creux.

 Portia avait mis le reste de l'année à se remettre de l'abandon de sa soeur, d'autant que Livia n'avait pas était tendre avec elle lorsqu'il avait été définitivement établi qu'on ne retrouverait pas la jeune fille. La mère d'Anthéa s'intéressait plus à sa propre petite personne
qu'à sa fille naturelle en temps normal, mais elle avait accusé Portia de savoir où se cachait Anthéa et de ne pas vouloir le révéler. Cela avait été une période très dure pour Portia, mais elle s'était ressaisi. Elle entrait dans l'âge adulte, elle était issue d'une noble lignée cassienne et le temps était venu pour elle de prouver sa valeur à ses pairs. Elle avait travaillé d'arrache-pied, tant et si bien qu'elle avait fini ses études Major de sa promotion. Elle était ensuite entrée dans la société de son père, mais à un poste bien en-deçà de ses compétences.

- Tu dois d'abord  faire tes preuves! Lui avait asséné Lothaire.

Portia n'avait pas protesté. Son travail avait vite fait l'unanimité et année après année, elle s'était hissé au poste de sous-directeur. Son père vieillissant, il était établi pour elle qu'il lui léguerait la direction dans peu de temps. Après tout, elle était l'héritière mais surtout, elle était de très loin la plus qualifiée pour occuper un tel poste. C'était sans compter sur les projets de Lothaire.

- Tu n'es pas l'héritière légitime! C'est à Anthéa que doit revenir la société.

- Mais enfin! Anthéa a disparu depuis plus de quinze ans maintenant. Elle est peut-être morte... Sûrement même! D'autre part, dire que je ne suis pas l'héritière, c'est oublier que vous tenez cette société des mains de votre frère aîné qui était mon père!

- Silence! Ma fille a disparu, et c'est bien ta faute si nous n'avons jamais su où la retrouver! Ambitieuse comme tu es, jalouse très certainement, qui sait ce que ta petite cervelle a bien pu inventer pour te débarrasser d'une sœur qui pourtant t'idolâtrait!


- Mais...

- Il suffit! Je t'ai assez entendue pour aujourd'hui! Si la situation te déplaît, tu n'as qu'à monter ton affaire! Mais moi vivant, jamais! Jamais, tu m'entends! Jamais tu n'auras la direction de l'entreprise!

C'est à ce moment que tout avait basculé dans l'esprit de Portia. Blessée dans sa fierté, les poings serrés le long du corps, elle retenait un cri de rage qui menaçait de la faire exploser toute entière. Elle qui était toujours restée à sa place, obéissante et sage, tentant par ce biais de se faire accepter. Mais non! C'était à l'autre que tout allait revenir! Anthéa la capricieuse, l'égoïste qui avait fui ses responsabilités pour vivre à sa guise, la laissant elle, encore plus désœuvrée. Anthéa que l'on ne retrouverait de toute façon jamais et qui malgré son absence depuis tant d'années l'empêchait d'accéder à son rêve, la privait de ce qui lui
revenait de droit!

Et bien! Elle n'allait pas rester là à attendre que l'on daigne lui laisser des miettes pendant que le pain restait à rassir en attendant une "morte"! Elle allait la monter son affaire! Elle y mettrait toutes ses économies, toute son énergie, mais elle la retrouverait! Elle ramènerait à ses parents leur traîtresse de fille! Et une fois que tout le monde aurait constaté qu'elle n'avait rien à se reprocher,
elle récupèrerait son dû!
 
N'obtenant toujours aucune réponse après 5 minutes de profond silence, le sergent Oseus osa un petit raclement de gorge pour ramener l'attention de son interlocutrice sur lui.

Portia pivota, un sourire conquérant plaqué aux lèvres et darda son regard gris dans celui du sergent.


- Très bien! Allons-y!

(A suivre)

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10 août 2017 à 22:34 Pampulilu      
Lorsque la lourde porte coulissante s'actionna livrant le passage à son père, Amethys  était en train de frotter vigoureusement son derrière en égrenant son chapelet d'injures favori. Elle s'était violemment cogné la hanche contre le bord de sa couchette en tombant! Elle aurait un bleu, pour sûr, elle qui marquait si facilement!

- Thys...

- Hé! T'as oublié là? Je suis en mode boudage intensif! Alors dehors!

- Thys...

- Non mais ça ne vous suffit pas de vouloir gâcher ma vie en m'exilant sur cette maudite planète, faut en plus que vous violiez mon intimité!


- Amethys Marchal!


Oula! L'alerte rouge était donc enclenchée.  Amethys cessa toute plainte pour enfin s'intéresser à son père. Un pli lui barrait le front, le même qu'il arborait dans les moments, très rares, où il était soucieux. Il continua sur le même ton sévère.

- Amethys, s'il te plaît. Pourrais-tu pour une fois cesser tes gamineries et m'écouter sans faire d'histoires? Suis moi, on y va!


- Où ça? Et c'était quoi ce bruit? On a percuté quoi? Y'a de la casse?...


- Plus tard les questions! On n'a pas le temps! Dépêche-toi!


La grosse main brune de son père s'abattit soudainement sur son bras et Amethys se sentit tractée en avant. Elle n'eut plus d'autre choix que de suivre le mouvement malgré sa forte envie de freiner des quatre fers pour faire valoir son droit à l'information et aussi
parce qu'elle avait un mauvais pressentiment et était un peu effrayée par l'attitude de son père.

Arrivés au niveau du poste de pilotage, Amethys faut saisie d'horreur en regardant la large ouverture vitrée qui permettait d'habitude d'avoir une vue imprenable sur l'immensité de l'espace. Elle était obstruée par ce qui semblait être le flanc d'un énorme vaisseau.

- Des pirates? S'inquiéta Amethys.

- Non ma puce, il s'agit d'un vaisseau du Dominion.


- Le Dominion? Mais qu'est-ce qu'ils nous veulent?

Amethys eut du mal à saisir la réponse murmurée par son père : "Ta mère"

Ce disant, il actionna un passage situé au sol et qui menait à la capsule de secours, un minuscule petit vaisseau accroché sous le vaisseau principal et en aussi piteux état que ce dernier. Il pouvait à peine contenir une personne et bien heureusement, la famille n'avait jamais eu besoin d'y recourir.

C'est là qu'Amethys trouva sa mère affairée autour d'un drôle de caisson qui prenait toute la place dans le minuscule cockpit, une chose assez extraordinaire qu'elle n'avait jamais eu le loisir d'observer auparavant.

 - C'est quoi ce truc? Demanda-t-elle à sa mère. Et pourquoi y a-t-il un énorme vaisseau du Dominion collé au nôtre? Et pourquoi viennent-ils pour toi? Pourquoi personne ne m'explique rien!

- Un cryotube. Répondit machinalement Anthéa, toute absorbée par de savants réglages de l'immense boîte en métal pourvue de tubes et boutons de toutes sortes et qui prenait tout l'espace dans la minuscule capsule de secours. Cependant, elle ne prit pas la
peine de répondre aux autres questions de sa fille.

- Théa? Tu as fini? La pressa Gareth.

- Oui, oui! Tout semble en ordre, ne perdons pas de temps!

Anthéa actionna un petit levier et la boîte métallique s'ouvrit dégageant par la même occasion un nuage de vapeur impressionnant. Amethys trembla sous l'effet de l'air frais qui avait atteint sa peau et les poils de ses bras se hérissèrent. L'intérieur du caisson était rembourré de coussins en cuir ; deux petits écrans étaient allumés sur chaque paroi latérale intérieure et on pouvait y lire "processus
cryogénisation enclenché - système prêt", des boutons clignotaient en rouge, jaune et vert, mais elle n'y comprenait rien.

L'état de stupéfaction dans lequel elle s'était abîmée fut soudain interrompu par son père. Il  la saisit sous les aisselles et l'installa dans ce cryotube terrifiant. Elle tenta de se débattre, complètement paniquée par l'absence d'explication d'un tel traitement et la peur de ce qui l'attendait. La tension entre ses parents était palpable.

- Thys, veux-tu te tenir tranquille! Ecoute, je suis désolé, mais nous n'avons pas le temps de t'expliquer! C'est pour ton bien. Anthéa!

Anthéa jeta un regard triste mais déterminé à son mari et se pencha vers sa fille pour l'embrasser sur le front.

- Anthéa! Dépêche-toi!

- Je suis désolée... Murmura Anthéa en replaçant une boucle de cheveux de sa fille.

La dernière vision qu'Amethys eut de sa mère fut ses beaux yeux amplis de larmes contenues. Soudain, elle se retrouva enfermée dans le cryotube, ses membres se raidirent, elle sentit un léger picotement gagner sa nuque, puis sa vue se brouilla et ce fut le trou noir.

(A suivre)

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12 août 2017 à 21:11 Pampulilu      
Gareth observait la femme qui venait de pénétrer dans son vaisseau entourée de ses sbires. Un peu gringalets les gars du Dominion, pas franchement impressionnants, mais malgré tout trop nombreux pour jouer les caïds, d'autant plus qu'ils avaient sorti l'artillerie,
de jolies armes flambantes et rutilantes, la grande classe, très loin du vieux blaster fiché dans la ceinture de son calbute! Son attention se reporta sur elle, seule représentante de son sexe, grande, fine, d'une élégance naturelle. Elle aurait pu être jolie si elle n'avait pas entortillé sa chevelure brune en un chignon strict perché au-dessus de son crâne et si sa bouche avait été un peu plus pleine. Pour l'heure, elle fixait son regard froid et gris sur sa femme qui s'était comme statufiée à son côté.

Anthea était replongée vingt ans en arrière, elle réentendait les rires complices, les petites disputes ; elle se revoyait consoler sa sœur après que celle-ci se soit fait réprimander sévèrement par père à sa place. Elle revivait enfin cette journée où elle avait fait une croix sur sa vie morne et écrite à l'avance de jeune cassienne née pour servir l'Empire, cela pour vivre son avenir tel qu'elle l'entendait...
Mais Portia était restée. Et aujourd'hui? Qui était donc cette inconnue au regard dur et au rictus mauvais qui lui faisait face? Qu'était donc devenue Portia? Elle lâcha la main de Gareth pour s'avancer vers sa sœur, mais cette dernière l'arrêta d'une main levée brusquement face à elle.

- Portia, je...

- Silence! Soldats! Escortez les prisonniers!

Deux hommes s'approchèrent d'Anthea pour lui saisir les bras, mais elle se dégagea d'une forte secousse en leur lançant un regard peu amène, si bien qu'ils la relâchèrent  mais pointèrent leurs armes  vers elle.

- Prisonniers? Mais enfin Portia! Si c'est Père qui t'envoie...

- Mais que crois-tu donc au juste? S'emporta Portia. Que nous t'avons pleuré jusqu'à aujourd'hui? Ce serait te donner bien trop d'importance! Retiens bien ceci : nul n'est indispensable!

Portia lui tournait à présent le dos, mais lorsqu'elle se retourna pour lui faire face à nouveau, un étrange sourire tordait ses lèvres minces, de ces sourires qui vous rendent nerveux parce qu'ils ne gagnent pas le regard.

- Personne ne m'envoie, je prends mes décisions seule, mais il se trouve que j'ai besoin de toi pour régler un petit contentieux. Après cela, je me moque bien de ce que tu feras... Hum...
Mais pas sûre que ce soit le cas de tout le monde... Récapitulons! De quoi
peut-on t'accuser au juste? Désertion?


Puis elle se tourna vers Gareth qui était lui aussi tenu en joue par cinq de ses soldats.

- Haute trahison? Sais-tu ce qu'il peut en coûter de... Comment appeler cela? Forniquer avec l'ennemi?
Surtout en ces temps agités où tout cette pègre commence sérieusement à nous ennuyer...

- Tu es sérieuse? Coupa Anthéa interloquée par l'attitude haineuse de sa sœur. Qu'ai-je bien pu te faire de si terrible pour que tu m'en veuilles à ce point? Je suis partie, c'est vrai, mais je n'avais pas le choix et je n'ai jamais voulu te causer le moindre tort à travers ma fugue!

- Parce que tu es bien trop sotte et égoïste pour évaluer la portée de tes actes et leur dommages collatéraux! Mais cette fois-ci il faudra que tu t'en expliques. Ne comptes pas t'en sortir aussi facilement que lorsque nous étions enfants. Mais trêves de bavardages! Mon temps est précieux et je t'en ai accordé bien trop! Emmenez-les! Ordonna Portia aux soldats qui encerclaient Anthea et Gareth. Puis elle se tourna vers la dizaine d'hommes qui était restée à ses côtés.

- Vous autres! Fouillez le vaisseau! Je ne voudrais pas oublier un petit occupant par négligence à l'intérieur de ce vieux tas de ferraille!


Une crainte fugitive passa dans le regard d'Anthea, mais un discret signe de la main de Gareth la persuada de garder son calme. Leur fille était loin à présent, ils avaient pris leurs précautions. Dans l'immensité de l'espace, la petite capsule de sauvetage filait emportant en son sein l'adolescente sagement confinée dans son cryotube. Elle arriverait à bon port d'ici quelques mois si tout se passait bien. Malgré la situation délicate dans laquelle Anthea et lui se trouvaient, Gareth ne put réprimer un léger sourire en pensant à la réaction d'Amethys à son réveil. Elle allait être furieuse. Mais elle serait en vie et en sécurité, enfin, si elle évitait de créer des catastrophes autour d'elle... Ah! Entre la mère et la fille, il avait vraiment du pain sur la planche!

- Gareth?

C'était Anthea qui, tout ensuivant leurs geôliers, l'interrogeait du regard. Il lui répondit d'une voix ferme et rassurante.

- Ne t'inquiète pas. Tout ira bien.

(A suivre)

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

14 août 2017 à 20:46 Pampulilu      
Elle ne savait pas où elle était. Ses oreilles bourdonnaient, elle y voyait flou et ses membres refusaient de coopérer. Sa gorge était sèche, sa langue pâteuse. Elle crevait de soif et par-dessus tout, elle avait mal... Partout! En fait, seul son cerveau avait l'air d'être parfaitement opérationnel depuis son réveil et c'était bien la première fois que ça lui arrivait! Euh... D'être opérationnelle dès le réveil
hein... Enfin bref, elle était dans le coaltar le plus complet.

- Eh bien! Voilà une façon peu commune de rejoindre  le vaisseau arche jeune fille! Mais te voilà arrivée à bon port et sans trop de dommage!

Amethys cligna des yeux. Elle discernait une vague petite silhouette s'affairer autour d'elle. Vaisseau arche? Qu'est-ce que c'était que ça encore? Et sans trop de dommage? Ouais, une fois qu'elle aurait réussi à s'extirper de ce fichu caisson, elle pourrait vérifier ça d'elle-même! Pour le moment, l'impossibilité de bouger commençait à la mettre sérieusement en rogne!

- Je m'appelle Tann et je fais office euh... D'infirmier?

C'était une blague? Ou un mauvais rêve? C'est ça, elle allait se réveiller dans sa chambre pour continuer à bouder tout son soûl en travaillant sur son robodzilla jusqu'à ce qu'un de ses parent vienne essayer de l'amadouer... Ses parents... Mais où étaient-ils au
juste? Elle plissa les yeux très fort et sentit une vive douleur lui traverser le crâne, comme des milliers de petites aiguilles qui lui auraient perforé les globes oculaires pour venir se loger dans son cerveau. Et tout se remettait en place de façon si soudaine et si claire. Sa mère, lui touchant les cheveux et l'embrassant, son père, si soucieux et pressé de l'éloigner... Elle était seule. Seule sur ce... Ce quoi déjà? Ah oui! Seule sur ce vaisseau arche peuplé d'inconnus dont elle discernait de mieux en mieux les corps s'activant de
toutes parts. Et elle les entendait à présent. Conversations, cris, coups de marteaux, courses, bip-bip incessants. Tout grouillait de vie autour d'elle, mais elle se sentait démunie comme jamais car pour la première fois de sa vie, elle était... Seule.

Alors vint ce crissement bizarre, suivi d'un sifflement, puis d'un drôle d'enrouement grave. Elle toussa un peu, mais cela reprit sans qu'elle ne puisse rien y faire. Et le son s'amplifia, montant crescendo jusqu'à ce que ses poumons soient au bord de l'explosion. C'était de loin la chose la plus abominable qu'elle ait entendu de sa vie et elle mit un temps à réaliser que cet affreux son provenait d'elle-même.

***

Le sérum de sa tuyauterie interne bouillonna sous l'effet de la surprise. Oana se pinça l'arrête du nez. Elle sentait poindre la migraine. A quand remontait son dernier mal de tête... Longtemps, très longtemps. Mais qu'était-ce donc que cet abominable boucan? On
aurait dit... En fait, elle ne savait absolument pas à quoi rattacher ce... Son... Euh... Particulier... Cri? Hurlement?

- Une urgence doc!


Oana jeta un coup d'œil dédaigneux à Tann, l'aurin qu'on lui avait collé comme assistant et qui venait ainsi de l'interpeller. Elle retint un éternuement à l'aide d'un mouchoir en tissu brodé qu'elle plaqua hâtivement sous ses narines. Maudites petites créatures poilues! Elles pullulaient sur le vaisseau et laissaient traîner des poils partout! Le problème, c'était qu'Oana était allergique aux poils d'aurin et depuis qu'elle était coincée ici, vivait un véritable calvaire quotidien. Mordesh et allergique, c'était bien sa vaine! Comme si son pseudo statut de morte-vivante n'était déjà pas suffisamment difficile à gérer!

Ce n'était décidément pas sa journée! Songea-t-elle en emboîtant le pas à Tann. Ce dernier la conduisit vers le hangar où s'entassaient temporairement les différents petits vaisseaux des nombreux exilés qui rejoignaient le vaisseau arche pour Nexus.

- Je crois qu'elle est en état de choc!

Etat de choc? Le mot était faible! Comment une si petite créature pouvait-elle émettre un son aussi discordant et insupportable! La gifle partit toute seule. Aux grands maux, les grands moyens! Le principal étant que l'effet fut immédiat et qu'Oana savoura pleinement le retour au calme.

La jeune humaine hoquetait et reniflait ; elle finit par se moucher bruyamment dans le bas de son T-shirt, arrachant soit des mines dégoûtées soit des sourires amusés de la part de l'assistance qui était venue nombreuse suite au ramdam qu'elle avait fait et qui restait là à l'observer comme s'il s'agissait d'un petit animal de foire dans l'attente dont ne sait quel nouveau cataclysme qu'elle pourrait déclencher.

- Tann! Aide-moi à la sortir de là, nous allons l'emmener à l'infirmerie. Tann! Bouge-toi!

- Euh, oui! Tout de suite!

Ce qu'il pouvait être agaçant! Oana retint un nouvel éternuement lorsque la queue hérissée de poils roux de Tann vint malencontreusement lui fouetter le visage alors qu'elle se penchait sur sa patiente pour l'extirper de son cryotube. Aussi légère qu'une plume! Il faut dire que la petite humaine lui arrivait à peine à la poitrine.

- Jette un œil dans la capsule, voir si elle a des affaires à récupérer.

Tann grimpa agilement dans le cockpit et se mit à farfouiller partout.

- Y'a rien ici! Oh attend! Si! Y'a un truc bizarre là!

- Qu'est-ce que c'est?

- Euh... Ben je ne sais pas trop... On dirait... Hum, attend y'a un bouton!


( A suivre... )


Edité par Pampulilu

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

16 août 2017 à 20:14 Pampulilu      
- Ne touche à rien!

C'était sans compter sur la curiosité de Tann et sa fâcheuse tendance à agir avant de réfléchir. Tann perçut un léger "bip" puis l''espèce de petit objet métallique qui avait attiré son attention se déploya sous ses yeux et entreprit un joyeux jeu de pétarades en tous sens.

- Aaaaaaaaaaah! Cria Tann en se réfugiant prestement dans un recoin du minuscule cockpit.

- Mais que se passe-t-il encore?

Oana avait à peine terminé de formuler sa question qu'elle vit sortir de la capsule de sauvetage un petit robot, munit d'une hélice tournoyant à toute vitesse, qui virevoltait en tout sens en lançant des petits missiles dans un déploiement de fumée et de BOUM
tonitruants. Ce fut le point de départ d'une belle cohue. Chacun cherchait un endroit où échapper à la menace des petites explosions. Les uns se percutaient avec les autres, renversant au passage caisses de ravitaillement, boîtes à outils, bidons, le tout en poussant des hauts cris.

Oana jeta un œil à la jeune humaine qu'elle avait posé sur une grosse caisse dans l'affolement général et qui peinait à se maintenir assise tant ses membres étaient encore engourdis par la cryogénisation. Elle fixait le robot, mais quelque chose dérangea Oana dans
son attitude, ce sourire béat et ses yeux brillants d'excitation non retenue.

- Allons-bon! Et ça t'amuse! Comment arrête-t-on ce robot de malheur?

Agrippant la jeune fille aux épaules, elle la secoua dans tous les sens.

- Robodzilla stop. Croassa l'humaine.

- Quoi? Demanda Oana qui n'avait pipé mot de ce que la petite essayait de lui dire tant sa voix était enrouée. L'humaine fut soudain prise d'une quinte de toux.

- Stop! Re-croassa-t-elle un peu plus fort.

- Stop! Hurla Oana en direction du robot, mais celui-ci virevoltait de plus belle et elle le vit avec horreur saisir Tann par le haut de son vêtement grâce à une pince métallique sortie d'elle ne savait exactement où. Le pauvre aurin se retrouva baladé dans les airs, observé avec de grands yeux agrandis de frayeur par quantité de spectateurs qui n'osaient sortir de leur cachette pour lui porter secours.

- A l'aide! Ooooooooh! Ausecours! Aaaaaaaaah! Mais arrêtez-le!


- Bon sang!
S'énerva Oana.

Lâchant l'humaine, elle chercha désespérément un moyen de venir à bout du robot et de récupérer Tann en un seul morceau tout en évitant les projectiles fumant qui fusaient de partout.

Shtiou! Shtiou! Et un saut à gauche! Roulade vers l'avant. Shtiou! Shtiou! BOUM! CRAC!

- Aie!


Elle s'était empêtré les pieds dans un tas de caisses à moitié renversées. C'est alors qu'elle vit une énorme clé à molette près de son pied droit. Voilà qui ferait l'affaire!

- A nous deux robot de malheur!


Au-dessus de sa tête, Tann continuait à se débattre comme un beau diable laissant tomber au sol quantité de touffes de poils. Faisant fi de ses yeux rouges larmoyants et de son nez coulant, Oana, héroïne des temps nexusiens, n'écouta que son courage et s'élança...

(Interruption de l'auteure :Comment ça je m'emballe?... Bon, ok, ok...)

Oana agrippa fermement la grosse clé des deux mains et fit un bond leste dans les airs en direction du robot et de sa malheureuse victime. Elle abattit la clé de toute ses forces sur le robot. Celle-ci se prit dans l'hélice qui, bien amochée par l'attaque émit quelques hoquets et brrr brrr avant de s'arrêter net. Le robot chuta entraînant avec lui Tann. Dans sa grande bonté, Oana s'écarta d'un gracieux pas chassé du lieu de l'impact. Elle estimait avoir assez bouffé de poils d'aurin pour la journée!

Tann se redressa avec difficulté en tenant sa pauvre queue toute tordue dans ses petites mains.

- Ma queue! Tu m'a zigouillé la queue bordel!

- Pardon? Je m'attendais plus à un "merci Oana! Heureusement que t'étais là pour me sauver de cet horrible robot détraqué qui avait décidé m'épiler le cuir jusqu'à la dernière touffe!"


Elle n'eut pour toute réponse qu'un regard réprobateur de l'aurin. Aucun sens de l'humour ces bestioles!

- C'est bon! Ce ne sont que quelques vertèbres caudales déplacées! On verra pour te remettre ça en place!
Lança Oana en levant les yeux au ciel. Puis elle se rappela de sa patiente. La jeune humaine était toujours avachie sur sa caisse et elle fixait ce qu'il restait du robot avec toute la douleur du monde dans ses beaux yeux noisettes. Elle leva un regard lourd de reproche sur Oana et sa lèvre
inférieure se mit à trembler dangereusement pendant que ses yeux devenaient brillants.

Sentant poindre une nouvellecatastrophe, Oana, dont la patience n'était pas le fort, pointa un doigt en direction de la jeune fille.

- Laisse échapper un filet de voix! Un seul! Et je te mets direct sous sédatif!

Elle attrapa la jeune fille sans ménagements, la balança sur son épaule et apostropha Tann qui continuait de gémir un peu plus loin.

- Ramasse ta queue et suis-moi à l'infirmerie! Je crois avoir amplement mérité un traitement pour le mal de crâne!

***

Amethys se laissa trimbaler comme une poupée de chiffons. La mordesh finit par la poser délicatement sur une sorte de brancard. Elle était encore pas mal engourdie mais ça allait de mieux en mieux et c'était une très bonne chose car plus vite elle serait remise et plus
vite elle pourrait trouver le moyen de décamper d'ici!

Elle braqua son regard sur l'affreuse créature qui s'était acharné sur SON robodzilla! Elle avait déjà eu l'occasion d'apercevoir des mordesh mais jamais d'aussi près. C'était vraiment une... Personne... Fascinante... Un peu dégueu quand même!

- A nous deux!
S'exclama la mordesh.

Amethys se renfrogna. Qu'est-ce qu'elle lui voulait? Elle n'était franchement pas d'humeur à se laisser enquiquiner. Depuis qu'elle s'était réveillée, tout était chamboulé. Plus de maison, plus de parents... Plus de robodzilla! Alors la coupe était pleine! Ras la casquette! Elle allait expliquer sa façon de voir à la loque ambulante et à son acolyte poilu et elle allait se faire la malle fissa! Mais à sa grande surprise, c'est vers l'aurin que la mordesh se tourna.

- Peut-on savoir ce qu'il t'a pris de la réveiller comme ça? Tu n'es pas sensé intervenir dans ce genre de cas! Tu dois juste prévenir le personnel adéquat! C'est pas compliqué pourtant. Tu sais faire ça, non? Pré-ve-nir et ne tou-cher-à rien!


- Ce n'est pas de ma faute! S'exclama l'aurin en massant sa queue qu'il n'avait pas lâché depuis l'incident avec le robot! Son cryotube n'étais pas comme celui des autres et...

- Et quoi? Il a fallu que tu mettes tes sales pattes sur LE bouton qu'il ne fallait pas toucher? Comme par hasard?

- Pourquoi tu demandes si tu sais déjà?

La mordesh fit un grand geste de la main, visiblement exaspérée.

- Ok! Et je peux savoir pourquoi tu m'as dérangé ensuite? Tu ne pouvais pas appeler un médecin?

- Ben c'est ce que j'ai fait doc, non?


- Mais combien de fois faudra-t-il que je te le répète! Un vrai médecin quoi! Je ne suis pas docteur en médecine moi bordel! Je suis psychologue! Je gère les pauvres gars déprimés qui ont le mal de leur planète, parfois les détraqués dans ton genre! Pas les cas de réveils catastrophiques!

- Ben c'est qu'elle n'avait pas l'air super équilibrée la gamine non plus! T'as bien entendu non? Tout le vaisseau a été ameuté!

- Tu as surtout eu de la chance qu'elle soit jeune et en bonne santé!

- Eh! S'exclama Amethys en crachant. Maudit mal de gorge. Je suis pas timbrée et je suis plus une gamine!

La mordesh se retourna vers elle.

- Très bien jeune fille! Tann a déjà fait les examens d'usage pendant ton réveil et même si tu es un peu sonnée, tout devrait aller mieux d'ici une petite heure. En attendant, j'ai besoin de quelques renseignements pour remplir le dossier médical.

- Je croyais que vous étiez psy? Lança Amethys d'un air méfiant et d'une voix enrouée.

- Ok, jouons carte sur table. Toi tu es pressée de... Vaquer à tes occupations! Et moi, je suis pressée de me débarrasser de ton cas! Donc sois mignonne et répond aux questions. C'est dans tes cordes?

- Mouais.

- Bien, on avance! Âge?

- 16 ans.

- Date de naissance?


Amethys fronça les sourcils. Elle avait encore le cerveau ramollo mais au bout de deux minutes à jongler avec les chiffres, elle donna sa date de naissance. La mordesh réfléchit un instant.

- Oui, donc 17! Pas 16!

- Comment ça 17?

- Tann! Amène-nous un calendrier s'il te plaît!


L'aurin maugréa qu'il n'était vraiment pas considéré à sa juste valeur et apporta un vieux calendrier tout chiffonné.

- Là, vois toi-même. Aujourd'hui,nous sommes le...

Et elle laissa son doigt sur la date. Il y eut un blanc, puis Amethys explosa.

- J'ai fêté mes dix-sept ans congelée dans un foutu cryotube! Joyeux anniversaire Thys! Tiens, voilà ton cadeau! Une croisière chez les dingues et un terminus sur une putain de planète à la con!


- Je crois qu'elle débloque doc. Dit Tann tout en observant Thys qui égrenait tout son chapelet d'injures de l'espace en crachant ses poumons entre chaque.

- C'est bon, je gère la situation! Répondit Oanna d'un ton supérieur.

- Ok petite!

- Ne m'appelez pas petite! Bordel! Dix-sept!

- Bon, ben ça va, on a compris! Ce n'est pas le fin du monde non plus, tu vas t'en remettre! Revenons-en au questionnaire si tu veux bien!


- Vous êtes sûre que vous êtes psy vous?

Face au regard meurtrier que lui lança la mordesh, Thys haussa les épaules et attendit la prochaine question.

- Très bien! Donc nous savons déjà que tu voyages seule. Responsable légal à ton arrivée?

Flûte! Que répondre à ça?

- J'ai 17 ans, je suis une grande fifille, je sais me gérer! C'est bon!

La mordesh sembla se tâter un instant. Mais comme ce n'était pas la conscience professionnelle qui l'étouffait et qu'elle estimait avoir assez perdu de temps avec cette ado humaine, elle griffonna prestement sur sa feuille de papier.

- Ok, alors on va dire que le gentil oncle Tom t'attend à ton arrivée sur Nexus! On est d'accord?

Amethys jeta un regard circonspect à cette psychologue de pacotille et son drôle d'assistant qui se prétendait infirmier. Elle n'était pas malheureuse d'échapper à leur compagnie!

- Ça me va.
Marmonna-t-elle.

- Très bien! Bon! Je te propose de te reposer un peu, le temps que ton corps se remette complètement. Ensuite, ben... Comme tu l'as dit, t'es une grande fille!

(à suivre)

Vieux BG qui prennent la poussière dans les recoins de mon PC

19 août 2017 à 20:57 Pampulilu      
- Fais gaffe où tu mets les pieds gamin!

Amethys leva un  regard courroucé vers le granok qui venait de l'apostropher. Elle retint de justesse un "va te faire grosse roche!". Ce n'était pas le moment de s'attirer des ennuis.

Elle avait réussi à récupérer son robodzilla, après maintes recherches qui l'avaient menée dans une grande casse remplie de débris de vaisseaux. Son pauvre Zilla, écrabouillé, se trouvait au milieu des décombres! Elle s'était ensuite attelée à la tâche. Il lui fallait des outils et des pièces pour réparer son compagnon. Ce fut moins compliqué qu'elle le pensait. Ici, tout restait à traîner, un vrai capharnaüm. Il suffisait de se servir en somme. Enfin, disons qu'elle ne se gênait pas pour se servir discrètement de tout se dont elle avait besoin. Nourriture et boissons comprises!

Finalement, ce n'était pas si compliqué de se débrouiller toute seule! Mais elle restait préoccupée par le sort qui avait été réservé à ses parents, même si elle avait une foi inébranlable concernant leurs capacités à se sortir des pires situations. Elle avait eu tout le loisir de réfléchir à sa situation et elle était arrivée à une conclusion qui ne la réjouissait guère. Elle devait prendre une navette pour Nexus. Tout la ramenait là. C'est sur cette planète que ses parents désiraient s'établir. C'est sur ce vaisseau arche qu'ils l'avaient envoyé pour qu'elle puisse continuer le voyage. Bref, si elle devait les retrouver un jour, c'était là-bas!

Elle se mit donc en devoir de préparer son paquetage. Quelques vivres chopées de-ci de-là, restes de repas oubliés sur les tables de la taverne du vaisseau, canettes de boissons énergisantes chopées dans une caisse derrière le comptoir  pendant que le barman, gros gaillard granok, faisait le joli cœur auprès d'une de ses semblables. Elle avait l'art et la manière de se faufiler sans qu'on lui prête la moindre attention et elle trouvait ça diablement excitant!

***

Amethys grimaça au monstrueux gargouillis émis par son estomac. Il annihilait à lui seul toute tentative de discrétion. Et pourtant, ce n'était pas le moment de se faire choper!

Cela faisait un long mois qu'elle était totalement livrée à elle-même sur cette fichue planète. Depuis, elle se débrouillait comme elle le pouvait. La plupart du temps, elle choisissait la facilité en se servant discrètement. C'était devenu un jeu. Et elle y réussissait pratiquement à tous les coups. Elle s'était d'ailleurs inventée une devise : "Thys La Malice! Rien ne lui résiste!" Sa mère aurait été
absolument horrifiée de la voir œuvrer, mais malgré ces conditions de vie difficiles, Amethys se sentait libre et plutôt satisfaite. Finalement, Nexus avait du bon! Elle vivait la grande aventure! Il y avait tellement de choses qu'elle ne connaissait pas ici, tellement d'endroits à découvrir! Lorsqu'elle avait besoin d'argent, elle se rendait dans un campement ou un village pour troquer les objets qu'elle avait chipé ou les quelques maigres récoltes qu'elle traînait dans son baluchon : du bois sec pour le feu et quelques racines
comestibles qu'elle trouvait en chemin.

Elle se baladait à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent lorsqu'elle vit la fumée au loin. Elle entreprit de se rapprocher discrètement ; il y avait peut-être des trucs intéressants à récupérer. Ce ne fut pas chose aisée que de se hisser sur le petit
promontoire rocheux où se trouvait le feu de camp, surtout avec l'estomac dans les talons. Elle y parvint cependant, motivée par l'odeur alléchante d'un rôt qui lui faisait frétiller les narines au fur et à mesure de sa progression.

Jackpot! Songea-t-elle lorsqu'elle parvint enfin au but! Face à elle, à l'entrée d'une caverne, deux gros gaillards avait eu la mauvaise idée d'abandonner une carcasse grasse et fumante pendant qu'ils étaient allés se soulager dans les fourrés un peu plus loin. La belle aubaine! Le bon gros morceau de bidoche appétissant! Amethys en salivait tellement qu'elle avait du mal à déglutir!

Bon, il ne fallait pas trainer! Un rapide coup d'œil aux alentours et le vieux bruit de pet chargé qu'elle entendit plus loin lui confirmèrent qu'elle était tranquille pour quelques brèves minutes. Elle commença par fureter rapidement un peu partout. Il n'y avait pas grand chose de potable dans le paquetage de ces gars. De la vieille vaisselle en métal, des matelas et des couvertures trop encombrants à emporter. Oh! Une tablette! Ah ben! C'était jour de chance! Elle avait toujours rêvé d'en avoir une! Elle la glissa avec
précaution dans sa grande sacoche qu'elle portait en bandoulière sur le côté. Bien! A part ça, rien de bien intéressant. Elle se tourna vers son prochain repas et ses yeux restèrent bloqués sur une large poitrine velue .

- Tiens donc! Un invité surprise!