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Passage

26 septembre 2011 à 21:25 Disparu  
La nuit s’en alla ainsi sans un bruit… Le sommeil avait emporté sans se faire prier le jeune homme aux cheveux blonds. Un décor a nouveau funèbre… Cette même chanson qu’il affection passait inlassablement au second plan, ces notes froides et sèches provenant d’un piano qu’il ne pouvait voir… quand au violon c’était autre chose… Une silhouette incertaine se dessine péniblement devant lui. Chris n’a même plus le désir d’ouvrir ses fines paupières.
La mélodie sinistre en devient insupportable, on dirait un appel a la mort. Une voix parvint alors jusqu'à lui :
Le compte à rebours a commencé…

Cette voix insinue le trouble en lui… comment s’en échapper ? Seule question dérisoire qui arrive a s’extirper de son esprit bien trop embué. Dans ce lieu il se sent si faible, comme pris dans le piège de cet homme. Sans pouvoir l’ignorer. Cette fois. Il n’y a pas de lieu ou battre en retraite dans ce néant dantesque. Alors, l’écrivain se retourne vers cette silhouette vêtu d’un long manteau noir, et qui joue de ce violon avec une virtuosité irréelle. Le rythme s’emballe et son cœur semble prendre le même chemin.
Pourtant il rejette avec soin tout ce que la vue de ce visage fin et ce regard aliénant lui fait ressentir. De cet inconnu qui ne fait que jouer avec ses nerfs.
Faut t’il également que tu t' immisces dans mes rêves ?
Il n’y a pas de régle contre ça.
Chris ose enfin amener ses pas face a lui, le décor est planté : une brume opaque glace ses sens, et le voila vêtu d’une simple tunique d’un blanc fade et sali, le vent le mord doucement. Des arbres morts décorent un cimetière sans doute abandonné depuis longtemps déjà. Chris se regarde quelques instants et soupire. Un sourire fade marque ses lèvres et décidant de se lier a ce lieu fort charmant, il s’assied sur le marbre d’une pierre tombale avec un mauvais pressentiments.
A peine l’eut-il penser, que des corbeaux effrayant se logent dans les cimes dénués de feuilles pour les observer de leur regard aussi noir que de celui de son adversaire. Car oui, a venir ainsi se confronter a lui, Chris, ne peut plus le percevoir autrement.
Y a-t-il seulement des règles ? Reprend l’écrivain.
Celles que je désire en effet.
Et quelles sont-elles ?
Hum… je pense que tu vas comprendre rapidement…
Avalon marche avec aisance dans le lieu, sans pour autant cesser de jouer du noble instrument. Son regard se plante dans le sien :
Tu perds, et je gagne.
Chris se met a rire.
Pitoyable !
Qui est pitoyable ici ? Surement pas moi mon cher… Lance Avalon d’une voix trainante.
Personne n’a jamais encore gagné contre moi. C’est juste ta prétention qui est pitoyable ne t’inquiète pas, je ne peux pas encore juger le reste.
Avalon étire également un sourire, cette sincérité blessante… Il n’en attendait pas moins de l’homme. Mais qu’importe.. lui sait… lui sait ce qu’il adviendra. Sa mort inéluctable.
N’inverse pas les rôles. C’est moi qui juge, et toi qui te soumet.
Ne prenez pas vos reves pour des réalités. Je ne suis pas né pour obéir a quelqu’un.
Hum… tu es né pour tuer alors ? Provoque volontairement l’homme.
Qu’est ce que cela encore ?
Tu le sais très bien…
Non. Finit Chris autoritaire.
L’homme aux cheveux mi longs perd son sourire, il y arrivera il n’en doute pas. Personne ne lui a jamais résisté… et ce n’est surement pas lui qui dérogera a ce fait. Avalon enchaine sur une mélodie crispante… un bruit désagréable qui ressemble a des ongles grinçant sur un tableau noir. Chris serre les dents, c’est si désagréable qu’il porte ses mains a ses oreilles. Avalon quand a lui ne semble pas se soucier de cela, jouant encore, et encore, déformant ce morceau tant aimé en une ballade morbide. Les corbeaux accompagnent son chant silencieux, comme si ils obéissaient avec ferveur a leur maitre.
Arrêtez !! c’est insupportable ! Lache Chris.
C’est le but.
Pourquoi ? Souffla l’écrivain accablé par la mélodie qui va le rendre fou.
Parce que… tu n’avoue pas tes fautes…
IL N'Y A RIEN A AVOUER ! S’emporte l’homme en lançant un regard furieux a Avalon.
Ton emportement prouve le contraire. Ricane le messager en riant.
Son rire cristallin semble composer cette mélodie insupportable et les plumes des corbeaux virevoltent autour d’eux… ressemblant a une neige digne d’un monde sans lumière. Chris ne le supporte plus, enfin il ne l’a jamais supporté. Ce qu’il lui fait et une torture cruelle…
Et tu n’a encore rien vu… Semble glisser sa voix contre sa nuque.
Je veux me réveiller… Lache tout bas l’homme la voix frémissante.
Il se lève brusquement en sentant la présence d’Avalon dans son dos. Imaginez que le diable vous épie, ce regard machiavélique s’ancre profondément dans votre chair, vous laissant une désagréable sensation de souillure. Le regard émeraude erre malgré lui sur l’inscription de la pierre tombale… Chris retint une exclamation. Son visage glisse sur la tombe voisine et le choc est encore plus brutal.

Sur la première est inscrit : Isaline …. Et sur la seconde Chris Keylan : 06 juin 1999. C'est-à-dire la date dans quatre jours. Chris recule sans se préoccuper de trébucher sur d’autres tombes, son regard se vide, alors que ses mains s’échappent de sur ses oreilles. Il reste fort et empêche ce désarroi de faire fondre son regard. Un regard suppliant vers son geôlier et il murmura :
Laisse moi me réveiller…
Aurais tu compris qu’il n’y a que moi qui possède les cartes dans ma main ?

Le beau blond baisse le regard et ferme les yeux. Cette femme semble revenir le hanter aussi violemment que ne le fait ce sadique. Peut-il les combattre d’un même front ? Avalon claque des doigts et le violon disparait, un nouveau claquement de doigt et les corbeaux forment une ronde au dessus d’eux, accentuant la cadence de leurs plume noir se déversant sur leur deux corps oniriques.
Je préfère quand tu es si fier…
Sa main froide caresse avec légèreté son cou et ses doigts remontent jusqu'à la pointe de son menton pour relever ce visage désarmé. Le regard de Chris fuit, son corps veut faire de même. Ce rapprochement semble encore plus insupportable que la mélodie qui résonne encore dans son esprit. Mais ses jambes reste immobile… une autre fois peut être.
Fier ou pas… Je ne perdrais pas. Souffle simplement la victime.
Alors pourquoi ton regard semble me dire le contraire.
Vous interprétez mal.
Et toi tu mens mal.
Le mensonge peut-il au moins exister ici ?
Il existe tant que tu existes… Fit Avalon avec dureté.
Alors chassez le.
La vérité sans possibilité de mentir n’a aucune valeur… Je ne cherche pas ta rédemption Chris… Je recherche ta culpabilité. Je ne veux pas t’aider… Je veux te détruire, ne te méprend pas sur mes intentions.
Ses mots s'accompagnent d’un tapotement de ses doigts contre sa tempe, et Chris défit ses prunelles aussi noirs que l’ébène… sensation que trop déplaisante d’etre considéré comme un gamin.
Comme si j’aurais pu en douter. Et maintenant ? Je n’ai rien a avouer… encore moins a vous, un émissaire de pacotille.
Tu verras comme je suis doué dans mon art.
Encore ce ton méprisant, il se place au dessus de lui. L’orgueil du blond ne l’accepte pas. Qu’importe sa proximité et sa main sur son visage, il crache :
L’art des beaux discours ? ou y a-t-il seulement autre chose derrière ce visage trop beau pour posséder une once d'intelligence ?
Ne commence pas a etre désobligeant ! Gronde Avalon en le poussant avec force contre un arbre misérable.
Le dos heurte le cèdre avec un bruit sec :
Tuez moi de suite… ça vous évitera de perdre votre temps.
Le jeune homme aux cheveux mi longs et noirs soupire bruyamment, détournant son visage du sien :
Tu m'ennuis déjà. Te confronter a moi est un jeu inutile.
C’est votre petit jeu qui est inutile, vous pensez que m’intimidez par mes rêves montre votre supériorité d’ame ?
Soit, mon ange adoré… Souffle l’homme d’une voix tremblante. Réveille toi donc, nous allons nous affronter dans ton monde misérable… Tu comprendras alors que tu ne peux rien contre moi… Il te reste seulement deux nuits… Chris Keylan… Murmure Avalon en claquant une nouvelle fois des doigts avec un air désinvolte.
Les croassement des corbeaux se tuent vivement, et Chris a la sensation de tomber en arrière… Toujours plus vite, toujours plus loin… Et rien ne peut arrêter sa chute… rien…
Son cerveau embué se retrouve déconnecté de toute réalité. C’est a peine si il a conscience de sa propre existence. Alors il se laisse happer férocement… car rien ne le retient. ~~

Passage

28 octobre 2011 à 15:55 sasshi27  
J\'ai vraiment bien aimé le personnage d\'Avalon, le petit Chris a quelque chose qui m\'énerve un peu mais sa doit être moi qui n\'aime pas ce blondin qui fais un peu trop le fier! En tout cas j\'ai vraiment bien aimé l\'ambiance apporté et je ne sais pas je pense que j\'ai réussi a voir/imaginé le lieux ou se passais cette petite joute verbale. Bref j\'ai bien aimé, si un jour y a une suite ca m’intéresserais de la lire :)