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Des amours, des emmerdes, et la vie qui est là.

27 avril 2011 à 21:24 Disparu  
Une nuit, la fin

Comment raconter cette nuit là, sans pétillement du verbe, sans rire dans la voix ? Comment te dire pourquoi ? Parce que c’était facile et jamais attendu ? Et maintenant j’ai envie.

Envie de crier au monde à quel point je suis faible, heureuse et libre. Envie de dire oui, juste parce que c’est possible. J’aime à verbaliser et les verbes en cette nuit ont permis plus que la raison n’aurait admis. Et j’aime à croire que cette nuit là restera à jamais gravée comme : la nuit la plus bizarrement géniale.

Finalement toutes ses chaînes, je n’en veux plus merci. Ma raison m’a trop de fois trahit pour que je croie encore en nous. «Nous», cette étrange entité que je ne désire pas.

«Moi» c’est bien aussi.

Aujourd'hui, j’ai profité de la vie sans me poser de questions sur un éventuel «après» et c’est très reposant.
Pas de sentiments, pas de gênes, des rires et des cris, des odeurs qui se mêlent et s’emmêlent à l’infini, le froid sur la peau, le feu aux joues, les addictions diverses mais toujours variées, des petits bouts de personnes qui s’entrechoquent sans fin mais jamais en vain car de but, il n’y en avait pas.
Je me sens tellement vivante que s’en est indécent et j’ai laissé mes masques à tes côtés. Regardez comme je vis, ça vous fais chier hein ?!?

Il y a des jours comme ça où l’on aimerait rester dans le coton d’un matin pâle. Des jours comme ça où dormir sonne le glas d’un moment étrange et plein. Mais le jour est bien là, et la vie continue, comme si de rien n’étais, et je te sais souffrir sans pouvoir compatir car cette exaltation qui ne me quitte pas, je ne te la dois pas, et ne t’en serais jamais redevable.

Mon cocon se voulait rassurant mais un cocon, finalement, on finit toujours par s’en échapper ! Et ma métamorphose est là. Je l’écris et la vit comme si j’étais en retard mais cet état d’urgence me plaît car il me laisse extatique dans les moments les plus insensés.

Je chérie cette folie qui s’est emparée de moi, je la câline et la cajole car cette nuit là j’ai eu le plus beau cadeau qu’on puisse faire à une femme. Sans attaches, sans raison, sans magie. Juste quelques corps chauds et moites, pressés les uns contre les autres, les rires en trop, les paroles en l’air, les yeux dans les yeux, le tremblement d’une main baladeuse, des constats immédiats et pertinents. Et c’était simple. Si simple que j’en suis grisée.

Alors j'ai pleuré à chaudes larmes sur le cadavre de mon ancienne vie, puis pour parfaire mon deuil, j’ai jeté le peu de toi qui restait à mes côtés.

Langoureusement allongée sous ma couette, je contemple la neige captive d’arbres aux branches qui hibernent, et je rêve que je rêve…

Le 11/02/2010 à Caen

Des amours, des emmerdes, et la vie qui est là.

27 avril 2011 à 21:30 Disparu  
« On a tous peur de perdre nos rêves, et la personne avec qui on voulait les réaliser. »

Un jour on se réveille, peu à peu on réalise où l\'on est, pourquoi. Nos rêves sont loin quand nos regrets, eux, sont toujours présents. On va boire un café, faire comme si cela suffisait à réchauffer les corps. On se perd sur le sol crasseux d\'une boîte de nuit au relent de tabac. On a tous un jour tenté de vivre avec le poids de l\'absence. Mais c\'est pour finir, la tête embrumée de souvenirs, que nous revoilà seuls. À la terrasse du coin, la clope au bec, les valises sous les yeux. Le croissant à des odeurs de beurre chaud qui donnent la nausée. Pourquoi se coucher ?

* Salut mon cœur ! Je suis rentré !
* Mm h, bonsoir. C\'était bien ta journée ?

On a l\'oreille distraite. Le cœur au ralentit. En fait, on n\'aime pas le café, mais qu\'est-ce qu\'on aime vraiment ? Une douce mélodie, un souffle de génie, un vers parfait, non. Le vent qui se faufile sur une nuque dénudée, une chansonnette démodée, une voix rugueuse, un triste sourire sur une gueule d\'ange. Quelqu\'un qui s\'efface. Ce serait si facile de partir. Au café du coin ou ailleurs... Qu\'est-ce qu\'on attends ?

* Faut que je me fasse à manger...
* Bah, je croyais que t\'avais mangé avant d\'aller au cinéma !
* Non, mais, oui...c\'est pour demain midi en fait...
* Ah.

On retient les couleurs, on réunit les odeurs. Quelque chose au fond se serre, se durcit. Le sang ne réchauffe plus la peau. La lumière s\'amenuise. Il y a des amours qui ne reflètent rien, des amours opaques. Un café ne suffira pas.

\"It\'s all over\"

La lune n\'en fini pas de courir. On pourrait presque sentir le jour poindre. L\'odeur de la rosée dans les herbes hautes. Un banc dans un parc. Une respiration qui se mêle à une autre. Le bruissement des feuilles, comme une sensation de tourmente. J\'aurai voulu que le temps s\'arrête là. Mais la petite aiguille rejoint un jour la grande et déjà le soleil vient tout enlaidir de sa lumière crasse.

* T\'es un vrai rayon de soleil, je t\'aime.
* C\'est gentil mon cœur.


Et là c\'est le sommeil qui tarde. Les fissures du plafond mettent le temps dans de larges parenthèses. Ces plaies béantes divertissent mon esprit vagabond. Et je rêve que je rêve. Tu as au coin de la bouche quelques gouttes de bave. Dans mes souvenirs.

* T\'as pas l\'air en forme petit cœur ?
* Mais si. Ça va t\'inquiète ! Je suis juste un peu fatiguée, c\'est tout !


Un crissement de pneus. Le soleil aveuglant à travers le store poussiéreux. Un rêve s\'effiloche au gré de mon réveil. C\'est le vide. Tu sais, j\'ai gardé ta place comme un trésor.

* T\'as fait quoi de beau aujourd\'hui ?
* Mouarf, pas grand chose de plus qu\'hier tu sais...


La pluie est là. Sur tout mon corps. Je la sens ruisseler de mes cheveux à mon cou, s\'infiltrer dans chaque fibre. Peu à peu tout devient lourd. Pas besoin de masque. Sous la pluie, les pleurs. Et surtout ne te retourne pas.

* On va chez ta mère le week-end prochain, non ?
* \'Tain déjà ! Je m\'étais pas rendu compte !

Au milieu du champ. Des enceintes. Et cette douleur sourde dans ma poitrine. Un chuchotement dans le vacarme. La forêt nous attend. Allongés dans l\'humus, la tête dans les étoiles, tu dors et moi je pense. Au loin déjà se mélangent les sons et les couleurs, la vie et la mort. L\'éternité nous tend les bras. On lui tourne le dos.

\"But it\'s all over\"





Message édité le 27-04-11 à 21:31 par Alexielis

Des amours, des emmerdes, et la vie qui est là.

27 avril 2011 à 21:30 Disparu  
Serai- ce un passage de ta vie ? car c’est ta la fois glauque et magnifique ( ok j\'ai des goûts bizarre mais j\'assume )

Des amours, des emmerdes, et la vie qui est là.

27 avril 2011 à 21:36 Disparu  
Hypno5e, oui, ce sont des sortes de flashs. Des bouts de vie.

Des amours, des emmerdes, et la vie qui est là.

09 août 2011 à 15:09 Disparu  
Je ne pourrai pas dire mieux que Hypno5e : glauque et magnifique à la fois.